Hôpitaux publics : des dépassements d'honoraires jusqu'à 12 fois le tarif Sécu

Dans un bloc opératoire (image d\'illustration). 
Dans un bloc opératoire (image d'illustration).  (MARTIN BUREAU / AFP)

Dans son numéro de mars, le magazine "60 millions de consommateurs" dénonce les dépassements d'honoraires de certains chirurgiens travaillant dans les hôpitaux publics. Des tarifs qui peuvent aller jusqu'à douze fois ce que rembourse l'Assurance maladie.

Mille deux cents euros pour une opération de la cataracte, 5 000 euros pour une prothèse de hanche, 6 000 euros pour une opération du genou… Des actes médicaux remboursés respectivement 272, 460 et 555 euros par la Sécurité sociale. Le magazine 60 millions de consommateurs relève dans son numéro de mars d'importants dépassements d'honoraires dans les hôpitaux publics des grandes villes françaises. Et précise que certains tarifs pratiqués peuvent atteindre douze fois ce que rembourse par la Sécurité sociale.

Le dispositif qui autorise ces dépassements n'est pas nouveau, comme le rappelle Le Parisien. Mis en place en 1958, il permet aux praticiens hospitaliers classés en secteur 2 (dit à "honoraires libres", soit 1 860 médecins en France) de consacrer 20% de leur temps de travail à une activité libérale pour éviter qu'ils partent dans le secteur privé.

"Il y a de plus en plus d'excès"

Mais, comme le confie le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie, Frédéric Van Roekeghem, au Parisien, "il y a de plus en plus d'excès". Le magazine 60 millions de consommateurs a d'ailleurs repéré "quelques champions : deux chirurgiens de Nice et Montpellier, ayant facturé chacun plus de 400 000 euros en un an, soit 35 000 euros par mois. Le mensuel souligne que ces dépassements sont parfois présentés comme condition pour accélérer la prise d'un rendez-vous.

L'Assurance maladie a donc décidé de réagir. Elle a envoyé un courrier "à 249 médecins libéraux et 28 praticiens" ne respectant pas le code de la santé publique, qui stipule pourtant que les honoraires doivent être fixés "avec tact et mesure". Frédéric Van Roekeghem estime que le conseil de l'ordre des médecins est "trop passif" sur le sujet.

L'Union des chirurgiens de France se défend en expliquant que ces dépassements ne concernent pas la majorité des praticiens. "Les tarifs abusifs sont très marginaux. Cette pratique concerne surtout de grands professeurs reconnus au niveau international, attirant une patientèle du monde entier", affirme, son président, Philippe Cuq au Parisien.

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