Des braqueurs ont fait porter à un dabiste une ceinture d'explosifs sûrement factices pour se faire remettre de l'argent

(francetv)

Une méthode utilisée samedi par des malfaiteurs qui ont contraint le dabiste de la Brink's à retirer de l'argent dans deux distributeurs automatiques de billets, en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine.Ce mode opératoire, le 3e en trois semaines, inquiète la police. La brigade de répression du banditisme est chargée des trois affaires.

Une méthode utilisée samedi par des malfaiteurs qui ont contraint le dabiste de la Brink's à retirer de l'argent dans deux distributeurs automatiques de billets, en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine.

Ce mode opératoire, le 3e en trois semaines, inquiète la police. La brigade de répression du banditisme est chargée des trois affaires.

"Il roulait en Seine-Saint-Denis quand les braqueurs ont percuté l'arrière de son véhicule avec leur voiture. Quand il est sorti, quatre braqueurs lui ont mis une ceinture d'explosifs autour de la taille", a raconté un responsable de l'UNSA Police. Selon lui, "ils l'ont ensuite emmené dans deux banques, l'une au Blanc-Mesnil (93) et l'autre à l'agence LCL place Voltaire à Asnières (92) pour qu'il retire de l'argent. Ils l'ont relâché à Asnières".

Les explosifs sont en cours d'analyse, mais d'après une autre source policière, il s'agit très probablement d'une imitation d'explosifs, comme ce fut le cas pour les deux agressions précédentes.

Déjà lundi, à Colombes, des voleurs avaient contraint un autre employé de la Brink's à porter une ceinture d'explosifs, le menaçant de représailles s'il ne leur remettait pas 600.000 euros. L'employé avait ensuite prévenu les policiers. Les explosifs étaient factices. Deux hommes de 19 et 23 ans avaient été interpellés le même jour, selon la préfecture de police.

Le 16 juillet, une affaire similaire s'était déroulée à Rueil-Malmaison. Les malfaiteurs avaient imposé le port d'une fausse ceinture d'explosifs à un employé de la société de transports de fonds Loomis qui, sous la menace, leur avait remis environ 250.000 euros. Il n'y avait pas eu d'interpellation.

Un mode opératoire inquiétant
"A priori, il n'y a pas de lien avec les affaires précédentes, mais les braqueurs de samedi s'en sont peut-être inspirés", estime le responsable de l'UNSA Police. "Ce qui nous inquiète, c'est la montée en puissance de la violence. Même si la ceinture est factice, c'est violent. La victime est très choquée", a-t-il commenté.

Après les attaques de distributeurs automatiques de billets à la voiture-bélier (près de 40 en 2010) ou à l'explosif, l'utilisation d'une ceinture d'explosifs factices est un mode opératoire "nouveau" et "extrême", considère, pour sa part, le secrétaire départemental adjoint d'Unité SGP FO.

"C'est un phénomène nouveau et c'est inquiétant car ça devient répétitif. On peut se poser la question de savoir si ce sont les mêmes qui opèrent ou si ce sont d'autres qui ont copié en se disant: 'Ca marche, pourquoi pas moi ?'", a-t-il expliqué.

"D'un point de vue policier, on est assez désarmés. Comment faire ? On ne peut pas mettre un policier derrière chaque dabiste . Il faudrait avoir une réflexion sur le sujet ou un changement dans la façon d'opérer des dabistes", a-t-il poursuivi.

Il y a environ 55.000 DAB en France qui contiennent jusqu'à 100.000 euros. Mais les attaques à la voiture-bélier ou à l'explosif peuvent déclencher des jets d'encre indélébiles sur les billets alors que les menaces à la ceinture d'explosifs peuvent rapporter aux malfaiteurs des billets intacts.

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