Début du procès de la Clinique du Sport

La Clinique du Sport
La Clinique du Sport (© France)

Le procès de trois médecins de la Clinique du Sport pour "blessures involontaires" et "tromperie" a débuté mardi

Le procès de trois médecins de la Clinique du Sport pour "blessures involontaires" et "tromperie" a débuté mardiLe procès de trois médecins de la Clinique du Sport pour "blessures involontaires" et "tromperie" a débuté mardi

Jugés jusqu'au 28 octobre par le tribunal correctionnel de Paris, ils sont accusés d'avoir contribué par négligence des règles sanitaires à la propagation de la mycobactérie xenopie dans le réseau d'eau de la clinique.

58 patients opérés entre janvier 1988 et mai 1993 ont contracté une maladie s'apparentant à une tuberculose osseuse.

Une quarantaine de victimes se sont constituées parties civiles.

Réutilisation des kits d'intervention à usage unique, carences dans des protocole de stérilisation


Mis en cause pour avoir réutilisé des kits d'intervention à usage unique et pour des carences dans le protocole de stérilisation des instruments chirurgicaux, les trois praticiens, dont l'ancien directeur de cette clinique parisienne Pierre Sagnet, sont notamment poursuivis pour "blessures involontaires" et "tromperie".

Des accusations entièrement contestées par les intéressés qui ne doutent pas de "sortir la tête haute de cette histoire", assure Me Olivier Leclere, avocat du Dr Pierre Sagnet, directeur de l'établissement à l'époque des faits. "Au regard des connaissances et des pratiques de l'époque, toutes les précautions sanitaires ont été prises", argumente-t-il en soulignant le "paradoxe" de voir poursuivis les médecins à titre individuel et non la clinique, au titre de personne morale, comme organisatrice du protocole sanitaire. "Un chirurgien est-il responsable de la qualité du réseau d'eau de la clinique qui l'emploie? Non, à l'évidence", insiste Me Xavier Flécheux, avocat de Didier Bornert, l'un des médecins ayant opéré les patients contaminés, comme ses co-prévenus les Drs Sagnet et Patrick Béraud.

"C'est le symbole de ce qu'il ne faut pas faire en matière de médecine business"
Alors que la défense s'attache à minimiser la portée d'un procès "très éloigné des accusations de départ", les parties civiles insistent sur le caractère exemplaire de cette affaire. "C'est le symbole de presque tout ce qu'il ne faut pas faire en matière de 'médecine business' et le point de départ de la mise en lumière des maladies nosocomiales dans l'opinion publique", estime Me Patrick de la Grange, qui défend les intérêts de plusieurs victimes.

"C'est le plus gros scandale français en matière de maladie nosocomiale. Il y a eu un avant et un après Clinique du sport ", observe Alain-Michel Ceretti, époux de l'une des victimes.

L'association qu'il a fondée dans la foulée de cette affaire, baptisée "le Lien", est devenue le fer de lance de la bataille contre les infections contractées à l'hôpital qui ont fait l'objet, ces dernières années, de plusieurs évolutions réglementaires et législatives.

Alain-Michel Ceretti est depuis le 1er janvier chargé du nouveau pôle Médecine et Sécurité auprès du médiateur de la République.

La Clinique du Sport a mis des années avant de prendre les mesures pour stopper la contamination


L'ex-directeur de la Clinique du Sport est également poursuivi pour avoir attendu plusieurs années avant de prendre les mesures destinées à stopper la contamination. En octobre 1997, des milliers de patients de la clinique avaient été rappelés, sur injonction du ministère de la Santé, pour faire l'objet d'un dépistage systématique.