Elections territoriales : "Les Corses considèrent que la Corse est une nation et non pas une simple entité administrative"

Jean-Guy Talamoni vote lors du 1er tour des élections territoriales en Corse, le 3 décembre 2017, à Bastia.
Jean-Guy Talamoni vote lors du 1er tour des élections territoriales en Corse, le 3 décembre 2017, à Bastia. (C BUFFA / MAXPPP)

Jean-Guy Talamoni, co-leader de la liste des nationalistes et président de l'Assemblée de Corse, a expliqué, lundi sur franceinfo, envisager de "demander un nouveau statut institutionnel".

"C'est la confirmation de cette poussée nationaliste qui est remarquable, au-delà de nos attentes et de nos espérances", a réagi, lundi 4 décembre sur franceinfo, Jean-Guy Talamoni. Le co-leader de la liste des nationalistes et président de l'Assemblée de Corse ne s'attendait "quand même pas à un tel succès" le soir du premier tour des élections territoriales en Corse, dimanche. La coalition nationaliste de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni est arrivée en tête du premier tour avec 45,36% des voix, selon les résultats définitifs officiels.

Jean-Guy Talamoni, comme Gilles Simeoni, en a profité pour lancer un message au gouvernement et a demandé de "rompre avec la politique de l'indifférence". Pour autant, selon le co-leader de la liste nationaliste "Pé a Corsica", "il n'y a pas de processus d'indépendance prévu dans les 10 ans, mais un nouveau statut que nous essaierons d'arracher à Paris".

Lorsque les Corses votent aussi massivement, trois fois de suite, pour des nationalistes, le message qui doit être reçu à Paris, c'est que les Corses considèrent que la Corse est une nation et non pas une simple entité administrativeJean-Guy Talamonià franceinfo

Si le second tour confirme ces résultats, Jean-Guy Talamoni demandera des discussions avec le gouvernement : "Nous n'arrêtons pas de le faire depuis deux ans. Il faut savoir que l'Assemblée de Corse, avant même notre prise de responsabilité en 2015, avait voté sur notre impulsion un certain nombre d'orientations." Cela concernait la langue, la création d'un statut de résident pour la protection des terres et des maisons "de la dépossession immobilière" et une amnistie pour les prisonniers et les recherchés. "Les Corses veulent tourner la page de 40 ans de conflits et bien entendu l'amnistie s'impose pour se faire." Cette amnistie concerne "tous les prisonniers et les recherchés", dont Yvan Colonna, a expliqué le président de l'Assemblée de Corse.

Jean-Guy Talamoni a dit envisager de "demander un nouveau statut institutionnel avec un transfert du pouvoir législatif dans de larges domaines de compétences en matière économique, sociale, culturelle, aménagement du territoire, à peu près tout sauf les prérogatives régaliennes". Avant de demander l'indépendance, la Corse doit s'enrichir, a estimé le président de l'Assemblée de Corse. "Les indépendantistes ne vont pas devenir autonomistes. Nous allons continuer à plaider démocratiquement pour cette solution. Nous pensons qu'il faut d'abord enrichir la Corse pour que les Corses soient assurés d'une stabilité sur le plan matériel", a conclu Jean-Guy Talamoni.

"Les indépendantistes ne vont pas devenir autonomistes", Jean-Guy Talamoni
--'--
--'--