Corse : des centaines de personnes manifestent contre les violences sexuelles à Ajaccio, à l'appel du mouvement #IwasCorsica

Des manifestantes et manifestants réunis contre les violences sexuelles à Ajaccio (Corse-du-Sud), le 5 juillet 2020, à l\'appel du mouvement #IwasCorsica.
Des manifestantes et manifestants réunis contre les violences sexuelles à Ajaccio (Corse-du-Sud), le 5 juillet 2020, à l'appel du mouvement #IwasCorsica. (MAXPPP)

Une délégation a été reçue par le préfet de Corse, à la demande de la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa.

Une manifestation contre les violences sexuelles a réuni 400 personnes, selon les autorités (600 selon les organisatrices), dans les rues d'Ajaccio (Corse-du-Sud), dimanche 5 juillet. Elle était organisée à l'appel du mouvement #IwasCorsica, né d'un hashtag sur les réseaux sociaux, et qui avait déjà organisé un premier rassemblement à Bastia en juin.

La foule, principalement composée de jeunes femmes, a défilé en scandant notamment "nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère !", ou encore "police, justice, classement sans suite, vous êtes complices".

Vendredi, les Chemins de fer de la Corse avaient annoncé la mise en place d'un train spécial pour transporter des manifestantes depuis Corte et Bastia (Haute-Corse).

Une liste de revendications remise au préfet

Le hashtag #Iwas, partagé sur les réseaux sociaux par des femmes témoignant des viols ou agressions sexuelles qu'elles ont subies, est apparu le 1er juin aux Etats-Unis, mais a rencontré un succès important en Corse, où France 3 Corse ViaStella décrivait début juin "une onde de choc".

Au terme de la manifestation, le préfet de Corse a reçu une des organisatrices, Anaïs Mattei, et deux représentantes d'associations de lutte contre les violences faites aux femmes, comme l'avait demandé la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa jeudi.

Anaïs Mattei a expliqué avoir remis au préfet une liste de revendications du collectif, dont une formation de la police "pour traiter correctement les plaintes", une présence renforcée de psychologues et infirmières formées aux violences sexuelles dans tous les lycées et collèges et la création d'un "brevet de la non-violence" en classe de 3e.

Des plaintes déposées collectivement "lundi ou mardi"

La jeune femme a également affirmé avoir réuni "15 témoignages de personnes prêtes à porter plainte" : "Ce seront des plaintes individuelles mais nous allons aller ensemble, lundi ou mardi, au commissariat de Bastia" pour les déposer, a-t-elle annoncé.

La procureure de Bastia, Caroline Tharot, indique de son côté à l'AFP qu'une plainte pour viol a déjà été déposée par l'une des administratrices du compte Twitter @IwasCorsica.

Une enquête a par ailleurs été ouverte début juin au sujet de la diffusion d'une liste d'une centaine de noms d'agresseurs potentiels, qui a donné lieu à "48 plaintes pour diffamation en Haute-Corse", a-t-elle indiqué.

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