Corse : affrontements entre des manifestants et les forces de l'ordre à Bastia

Les affrontements au rond point de la préfecture à Bastia (Haute-Corse), le 10 mai 2014.
Les affrontements au rond point de la préfecture à Bastia (Haute-Corse), le 10 mai 2014. (FRANCE 3 VIA STELLA)

Ces heurts ont éclaté en en marge d'un défilé de plusieurs milliers de personnes. Les manifestants demandent à l'Etat de prendre en compte plusieurs mesures votées par l'assemblée de Corse.

La manifestation a dégénéré. Des heurts ont éclaté samedi 10 mai en fin de journée à Bastia (Haute-Corse) entre des manifestants et les forces de l'ordre, en marge d'un défilé de plusieurs milliers de personnes en faveur de mesures votées dernièrement par l'assemblée de Corse. Les affrontements ont duré plus de trois heures à travers la ville, selon France 3 Corse ViaStella.

FRANCE 3

Une cinquantaine de personnes, des jeunes cagoulés et gantés, et disséminées en petits groupes au niveau du rond-point de la préfecture au centre-ville, ont lancé des pierres et des cocktails Molotov et des bombes agricoles contre les forces de l'ordre. Celles-ci ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

Des heurts condamnés par le ministre de l'Intérieur

Au total, une trentaine de personnes sont légèrement blessées parmi les forces de l'ordre. Des manifestants ont également dégradé un bureau de Poste et incendié des containers. Les forces de l'ordre ont saisi des cocktails Molotov et un homme tirant en l'air depuis sa fenêtre a été arrêté, unique interpellation de la soirée.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a "condamné avec la plus grande fermeté" ces violences "contre les forces de l'ordre et les dégradations de bâtiments publics". "Les services de police sont pleinement mobilisés afin d'identifier et de déférer à la justice dans les meilleurs délais les auteurs de ces violences que rien ne saurait justifier", a déclaré le ministre dans un communiqué.

Une manifestation pour interpeller l'Etat

La manifestation, lancée à l'appel du collectif "Simu di stu paese" et des partis nationalistes insulaires, s'était auparavant déroulée sans incident. Plusieurs milliers de personnes, dont des représentants politiques, associatifs, étudiants, syndicatsdemandent "un vrai dialogue avec Paris". Elles ont défilé pour inciter l'Etat à prendre en compte plusieurs mesures votées par l'assemblée de Corse, comme le statut de résident, la coofficialité de la langue corse, ou encore une inscription de la Corse au sein de la Constitution française.

Ces mesures, votées par les élus insulaires et qualifiées d'historiques, sont jugées essentielles pour permettre un meilleur développement de l'île. Leur adoption nécessite cependant un vote de l'Assemblée nationale et du Sénat et une modification de la Constitution française.

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