Comment un Français a été placé par erreur dans un centre de rétention pendant plusieurs heures dans les Yvelines

Des personnes en attente dans le cenre de rétention administrative de Plaisir (Yvelines), le 10 janvier 2008.
Des personnes en attente dans le cenre de rétention administrative de Plaisir (Yvelines), le 10 janvier 2008. (FRANCK FIFE / AFP)

Un Franco-Camerounais s'est retrouvé en garde à vue après un contrôle routier à Rambouillet parce qu'il n'avait pas ses papier français. Il a même commencé à faire l'objet d'une procédure d'éloignement.

Un Français a fait un séjour dans le centre de rétention administrative de Plaisir (Yvelines), comme l'a révélé L'Humanité, lundi 26 février. Comment le jeune homme a-t-il pu se retrouver dans ce lieu d'accueil réservé aux étrangers sous le coup d'une procédure d'éloignement du territoire ?

Mercredi 21 février, Timothée, Franco-Camourenais de 23 ans, fait l'objet d'un contrôle routier à Rambouillet (Yvelines). Ce père de deux enfants de 6 et 4 ans n'a pas son permis de conduire sur lui et ne dispose que de sa carte d'identité camourenaise. L'homme est placé en garde à vue. "J'avais sur mon téléphone une photo de mon passeport français. J'ai proposé de la leur montrer. Ils m'ont dit qu'ils n'en avaient pas besoin", assure Timothée à 20 Minutes.

Le lendemain matin, explique-t-il au quotidien, "j'ai entendu le policier appeler la préfecture et parler d'obligation de quitter le territoire français". "On m'a fait signer un papier en me disant qu'il s'agissait du formulaire de fin de garde à vue, poursuit-il. J'ai signé aveuglément, j'ai cru que c'était fini. C'était en fait un document me signifiant l'ouverture de la procédure d'éloignement." L'homme est alors conduit au tribunal de Versailles, avant d'atterrir au centre de rétention de Plaisir. 

"A aucun moment il n'a dit qu'il était français"

Dans l'intervalle, la compagne de ce père de deux enfants vient signaler sa disparition, avec sa carte d'identité française. "IIs lui ont répondu que j'étais en garde à vue mais pas dans les locaux à ce moment-là. Ils savaient donc qui j'étais exactement", affirme Timothée.

"L'homme n'a fait état que de ses origines camourenaises. A aucun moment, il n'a dit qu'il était français", justifie de son côté la préfecture des Yvelines, contactée par franceinfo. A Plaisir, l'association France Terre d'Asile, présente dans le centre de rétention, découvre le dossier de Timothée et entre en contact avec sa famille. Elle fournit également à l'administration une copie du passeport français. 

Un proche a également apporté sa carte nationale d'identité, nous avons alors immédiatement mis fin à la procédure d'éloignement.La préfecture des Yvelinesà franceinfo

Le jeune homme est finalement libéré jeudi 22 février en fin d'après-midi. Auprès de 20 Minutes, le secrétaire général de la préfecture des Yvelines précise : "La procédure d’éloignement peut s’appliquer à toute personne étrangère qui ne peut justifier d’un titre de séjour sur le territoire français et qui a donc vocation à rentrer chez lui. On n’éloigne pas nos compatriotes. S’agissant de ce jeune homme, c’est la première fois que je vois un cas de ce type en 15 ans de carrière."

"Une pratique courante"

Contactée par franceinfo, France Terre d'Asile explique avoir été très surprise par ce placement. Mais "environ 40 % des placements en rétention sont annulés par les juges judiciaires ou administratifs qui examinent les dossiers après une décision de placement en rétention pour des défauts dans la procédure", souligne par ailleurs, à 20 Minutes, Pierre Henry, directeur de France Terre d'Asile.

De son côté, la Cimade, une association pour les droits des réfugiés, a assuré à franceinfo que des "placements abusifs" sont "une pratique courante". "Il y a toujours un ou deux cas par an. C'est la conséquence d'une politique du chiffre", explique-t-elle.

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