Cinq évasions spectaculaires qui ont marqué la France

La prison de Réau (Seine-et-Marne), le 13 septembre 2011.
La prison de Réau (Seine-et-Marne), le 13 septembre 2011. (BERTRAND GUAY / POOL)

Deux détenus de la prison de Réau (Seine-et-Marne) ont tenté de s'évader avec des explosifs. En vain, retour sur cinq réussites.

Deux détenus de la prison de Réau (Seine-et-Marne) ont tenté de se faire la belle en faisant sauter une porte de l'établissement à l'aide de matériel explosif dans la soirée du dimanche 10 au lundi 11 mars. Selon des témoins, plusieurs détonations ont été entendues. Une enquête a été ouverte et les deux hommes doivent être entendus lundi. Si leur tentative d'évasion a tourné court,  elle en rappelle cependant d'autres, tout aussi spectaculaires et réussies cette fois.  

La plus connue 

Le braqueur Antonio Ferrara a marqué les esprits avec sa spectaculaire évasion du 12 mars 2003. Alors qu’il est en prison depuis à peine un an, "une douzaine d'hommes encagoulés prennent d'assaut la maison d'arrêt de Fresnes, mitraillent les miradors, ouvrent des brèches à coups d'explosifs dans les portes de la prison", raconte Le Parisen. Le "roi de la belle" s’échappe en dix minutes. Il est repris quelques mois plus tard.

AntonioFerrara n'en était pas à sa première évasion. En 1998, alors emprisonné et mis en examen pour braquage et tentative de meurtre, il a pris la fuite lors d'un transfert pour une consultation à l'hôpital de Corbeil-Essonnes.

La plus pacifique

Sans armes, ni haine, ni violence. "Mandons au directeur de la maison d'arrêt de Borgo de rayer sur son registre l'écrou de ladite personne et de la mettre, sur-le-champ, en liberté, si elle n'est pas détenue pour autre cause." C’est grâce à un fax, à l’apparence officielle, mais envoyé par un complice, que Francis Mariani, Pierre-Marie Santucci et Maurice Costa, figures du gang de La Brise de mer, ont réussi à s’évader de la prison de Borgo (haute-Corse) en juin 2001.

Le personnel de la prison destinataire de ses courriers n’y a vu que feu et les a libérés sur le champ. "Un an après, les trois 'évadés' seront relaxés par le tribunal correctionnel : les juges estimant qu'il n'y a pas eu 'évasion' au sens pénal du terme", note Le Monde. Les trois hommes sont aujourd’hui tous morts, à la suite d'affrontements entre gangs corses rivaux.

La plus "Dalton"

Dans la nuit du Réveillon, le 31 décembre 2012, trois détenus ont profité de la vétusté de la prison de Colmar (Haut-Rhin) pour s’en échapper. Ils ont creusé un trou dans le plafond de leur cellule et atteint les combles de l'établissement. De là, les trois hommes, âgés de 19 à 25 ans, "sont parvenus à rejoindre le palais de justice voisin, par lequel ils ont pris la fuite", a expliqué LCI. Ces "Dalton" des temps modernes n’ont pas profité longtemps de leur liberté. Deux des évadés se sont rendus à la gendarmerie dans les jours qui y ont suivi, tandis que le troisième a rapidement été interpellé par la police.

La plus aérienne

L’hélico, c’est sa spécialité. Le braqueur Pascal Payet compte deux évasions par hélicoptère à son actif, comme le rappelle ce portrait dressé par Europe1. La dernière en date a eu lieu à la prison de Grasse (Alpes-Maritimes) en 2007. "Un hélicoptère avait bien été réservé mais pour un baptême de l'air dans les gorges du Verdon. Mais ce 14 juillet 2007, à 18h10, les trois employés de la société Azur-Hélicoptère de l'aéroport de Cannes-Mandelieu voient surgir quatre hommes encagoulés et armés", raconte Nice Matin. Arrivés sur les lieux, les complices exigent que l'appareil se pose sur le toit de la prison. Ils en descendent et découpent une porte du quartier d'isolement à la disqueuse pendant que Pascal Payet, en caleçon, s’habille en vitesse. Puis l'équipe rejoint l’hélicoptère qui s'envole.

Des policiers inspectent l\' appareil qui s\' est pose au milieu d\' un lotissement pour laisser partir les fugitifs le 10 octobre 2001.
Des policiers inspectent l' appareil qui s' est pose au milieu d' un lotissement pour laisser partir les fugitifs le 10 octobre 2001. (SOUILLARD BRUNO / MAXPPP)

 La plus "carré"

Le meurtrier présumé Jean-Pierre Treiber, qui s'est suicidé en 2010, a réussi à s’enfuir en 2009 alors qu’il travaillait dans un atelier de la prison d’Auxerre (Yonne). Il y remplissait des cartons de fournitures scolaires ou de bureau et s'est caché dans le chargement d’un camion destiné à une commune de l'Yonne.

Selon Le Figaro "Jean-Pierre Treiber avait 'fabriqué' lui-même le carton" dans lequel il s'est caché et "s'est glissé à l'intérieur alors qu'il était posé sur une palette". Jean-Pierre Treiber est arrêté après plusieurs mois de cavale.

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