Chute d'une hôtesse: Air France en cause

La condamnation d'Air France a été requise mercredi au procès concernant la chute mortelle d'une hôtesse en 2005

La condamnation d'Air France a été requise mercredi au procès concernant la chute mortelle d'une hôtesse en 2005La condamnation d'Air France a été requise mercredi au procès concernant la chute mortelle d'une hôtesse en 2005

Mise en examen tardivement dans ce dossier, la compagnie a toujours soutenu que la responsabilité de l'accident incombait entièrement à l'agent de piste qui conduisait l'escalier autotracté d'où l'hôtesse âgée de 35 ans avait chuté le 1er février 2005 à Orly.

Mais le procureur estime qu'Air France a commis "deux fautes de nature réglementaire".

Concernant les faits reprochés à l'agent, le procureur Dominique Gaillardot a estimé que sa faute se "résumait à un point central: ne pas avoir regardé si la porte (de l'avion, ndlr) était fermée avant de démarrer" son engin.

Que l'agent ait eu, ou non, l'autorisation de retirer l'escalier n'est pas déterminant, a ajouté M. Gaillardot, en requérant à son encontre une peine de six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende.

Mais, a poursuivi le procureur, il s'agit dans ce dossier de savoir "si la faute du salarié était telle qu'elle éclipsait la faute de l'entreprise".

Or, pour lui, en ayant commis "deux fautes de nature réglementaire", Air France porte bien, elle aussi, une responsabilité pénale, pour laquelle il a requis une amende de 80.000 à 100.000 euros.

Revenant sur les procédures, longuement débattues depuis l'ouverture du procès mardi, le procureur a estimé qu'on était "dans le flou" du fait d'un "manque de précision" dans les règles régissant la transmission d'informations entre le personnel au sol et le personnel navigant pour le retrait de l'escalier. Un "défaut de réglementation" visé à la fois par le rapport du Bureau enquête analyse (BEA) et par l'Inspection du travail, a-t-il souligné.

La deuxième faute commise concerne, selon M.Gaillardot, le matériel non-conforme mis à la disposition des salariés, en l'occurrence un escalier autotracté à la visibilité très réduite et dépourvu d'alarme de recul ou d'avertisseur de présence humaine.

Le jugement a été mis en délibéré au 27 novembre.