Chanel en procès pour contrefaçon

Carmen Colle, responsable de la la société World Tricot, le 6 novembre 2009 au tribunal de Commerce de Paris
Carmen Colle, responsable de la la société World Tricot, le 6 novembre 2009 au tribunal de Commerce de Paris (© AFP)

La maison Chanel réfute devant la justice les accusations de "contrefaçon" de la part d'un sous-traitant, World Tricot

La maison Chanel réfute devant la justice les accusations de "contrefaçon" de la part d'un sous-traitant, World TricotLa maison Chanel réfute devant la justice les accusations de "contrefaçon" de la part d'un sous-traitant, World Tricot

Lors du procès vendredi à Paris, qui a duré quatre heures, les avocats des deux parties se sont affrontés face à cinq magistrats.

Le jugement, très attendu, sera rendu le 11 décembre après quatre années de procédure et de médiations restées vaines.

World Tricot accuse Chanel d'avoir copié l'un de ses échantillons sans son accord et revendique un "droit d'auteur-créateur" pour les fournisseurs des grandes marques. "Comme vous le savez, Chanel ne tricote pas", a insisté l'avocat devant les magistrats.

La griffe reconnaît "un savoir-faire technique d'exception à World Tricot mais pas un savoir-faire de création". "La propriété intellectuelle revient à Chanel", affirme l'avocat de la marque, Me Gérard Delile.

Chanel se dit totalement étranger aux déboires de World Tricot qui a perdu en 2003 des clients comme Kenzo ou LVMH "parce qu'ils avaient délocalisé" et souligne que la quasi-totalité de sa production est en France.

Fille d'immigrés italiens, Carmen Colle, ouvrière devenue animatrice de quartier, crée à la fin des années 1980 et avec l'aide de l'Abbé Pierre, sa société World Tricot à Lure (Haute-Saône), en vue de réinsérer des femmes sans emploi.

Très vite, l'entreprise artisanale se spécialise dans la maille de luxe auprès des plus grands noms de la haute couture dont Dior, Christian Lacroix, Givenchy, Kenzo. L'arrivée de Chanel , qui devient son principal client, sonne comme une consécration. Son histoire fait le tour du monde.

Mais en mars 2005, Carmen Colle dit reconnaître l'un de ses motifs sur une veste exposée en vitrine d'un magasin Chanel à Tokyo dont la confection a été confié à une entreprise italienne.

Après plusieurs lettres restées sans réponse de Chanel, explique son avocat Me Pascal Crehange, World Tricot décide en septembre 2005 d'assigner Chanel pour "contrefaçon" et "rupture abusive de relation contractuelle" et réclame 2,5 millions d'euros de dommages et intérêts.

Placée à nouveau en redressement judiciaire en 2007, World Tricot, qui emploie aujourd'hui douze salariés contre 90 entre 1999 et 2001, a été autorisée en janvier à poursuivre son activité pendant dix ans.