Cédric Horneck a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 18 ans

Des journalistes en train de filmer et de photographier les piles du dossier judiciaire de Cédrick Horneck (26-5-2010)
Des journalistes en train de filmer et de photographier les piles du dossier judiciaire de Cédrick Horneck (26-5-2010) (AFP - FRANK PERRY)

Cédric Horneck comparaissait depuis mercredi pour le meurtre d'Anne Deriez, son ancienne compagne. Il était également poursuivi pour tentative d'assassinat contre Antoine, 8 ans, en mai 2008, l'enfant de la victime.Il comparaissait aux côtés de Raymonde Krawezyk, une ouvrière de 44 ans soupçonnée de l'avoir caché lors de sa cavale.

Cédric Horneck comparaissait depuis mercredi pour le meurtre d'Anne Deriez, son ancienne compagne. Il était également poursuivi pour tentative d'assassinat contre Antoine, 8 ans, en mai 2008, l'enfant de la victime.

Il comparaissait aux côtés de Raymonde Krawezyk, une ouvrière de 44 ans soupçonnée de l'avoir caché lors de sa cavale.

" Je ne peux que reconnaître ma responsabilité dans ce qui m'est reproché. Je demande pardon aux victimes, aux familles de victimes et à la société", a-t-il déclaré avant la délibération des jurés.

"Une pierre autour du cou"
" Entre le domicile d'Anne Deriez et le lac d'Apremont, M. Horneck a eu trois quarts d'heure de voiture pour réfléchir au fait qu'il allait tuer celui qu'il considérait comme son propre fils ", a rappelé la magistrate du parquet. " Or, il n'a jamais fait demi-tour. Il n'a pas renoncé", a rappelé la magistrate du parquet.

L'avocate générale a également minimisé la thèse de "l'orage psychomoteur", avancée par les experts-psychiatres, dans lequel aurait été pris l'accusé lorsqu'il a frappé avec "une violence inouïe" la mère d'Antoine au terme d'une dispute conjugale.

"S'il a pu être dans ce trou noir et cette perte partielle de contrôle au moment du meurtre d'Anne Deriez, M. Horneck a très vite retrouvé ses esprits ", a souligné la représentante du ministère public.

"Alors que la victime baignait dans une mare de sang, il a préféré l'étouffer avec un coussin plutôt que d'appeler les secours". "Cette volonté d'échapper aux poursuites illustre le narcissisme de Cédric Horneck. Quand il apprend qu'Antoine s'en est sorti, la seule chose qu'il trouve à dire à l'amie qui l'héberge est 'J'aurais dû lui mettre une pierre au cou'", a-t-elle dit.

Le témoignage d'Antoine
Antoine, qui n'avait survécu que grâce à une hypothermie bloquant ses poumons, a témoigné jeudi devant l'accusé et les jurés de la cour d'assises.

Impressionné, il a raconté brièvement sa nuit de calvaire dans une salle chargée d'émotion, sans jamais affronter le regard de l'accusé, un mécanicien de 31 ans à la stature imposante qui est resté tête plongée entre ses mains, coudes sur les genoux. Il a
raconté avoir été réveillé par "des cris" de sa mère alors qu'il dormait dans sa chambre.

Cédric Horneck est ensuite venu le chercher. Apeuré, il n'a pas osé poser de questions. Encore en pyjama, il enfile ses chaussons. "On est partis dans la voiture, toutes les lumières étaient allumées, on est partis au lac" d'Apremont, a déclaré le petit garçon d'une voix émue. Là, "il m'a dit de regarder dans l'eau et il m'a poussé, il m'a tenu par la main", note Antoine. Il dit avoir essayé de se raccrocher au ponton et assure que son agresseur a repoussé sa main, ce que conteste l'accusé.

La mort de la mère d'Antoine
Le 29 mai 2008, ce dernier avait passé la soirée chez sa mère, Anne Deriez, jeune femme avec qui il entretenait encore des relations. A la suite d'une dispute, il l'avait rouée de coups avant de l'asphyxier avec un coussin. Il s'était alors emparé d'Antoine.

Croyant son forfait réussi, il s'était réfugié chez Raymonde Krawezyk. Mais Antoine, plongé dans une eau à 12°, avait échappé à la noyade grâce à une hypothermie qui a empêché le fonctionnement de ses poumons, avant d'être retrouvé par un promeneur alerté par son chien.

Cedric Horneck a reconnu le meurtre d'Anne Deriez, mais réfute la préméditation dans la tentative d'assassinat d'Antoine, tout en reconnaissant avoir tenté de le tuer.

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