Brice Hortefeux a annoncé mercredi qu'il n'interdirait pas les "apéros géants" sauf si la sécurité n'est pas respectée

Apéro Facebook à Rennes, le 12 mai 2010.
Apéro Facebook à Rennes, le 12 mai 2010. (AFP Fred Tanneau)

Le ministre de l'Intérieur a adressé un message de fermeté aux organisateurs appelant à ces rassemblements sur Facebook: ils doivent "être clairement identifiés" et se conformer à la réglementation, en faisant notamment une déclaration préalable trois jours avant.Un homme de 21 ans ivre était mort la semaine dernière à Nantes lors d'un apéro géant.

Le ministre de l'Intérieur a adressé un message de fermeté aux organisateurs appelant à ces rassemblements sur Facebook: ils doivent "être clairement identifiés" et se conformer à la réglementation, en faisant notamment une déclaration préalable trois jours avant.

Un homme de 21 ans ivre était mort la semaine dernière à Nantes lors d'un apéro géant.

"Une interdiction générale n'est ni souhaitée ni envisagée, mais il faut apprécier au cas par cas", a déclaré le ministre de l'Intérieur devant la presse, à l'issue d'une réunion de travail sur ce sujet à son ministère. "Il pourra y avoir interdiction dans certains cas, s'il n'y a pas d'autre solution", a ajouté Brice Hortefeux, en lançant un appel de "fermeté" aux organisateurs les incitant à respecter toutes les règles de sécurité et de préparation à un tel événement.

Le ministre, en présence de la secrétaire d'Etat à la Prospective, Nathalie Kosciusko-Morizet, et du ministre de la Jeunesse et des solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse, a ajouté que ces "apéros géants" devaient être "organisés en amont".

Il a précisé que ces responsables, qui appellent à ces rassemblements sur Facebook et doivent "être clairement identifiés", pouvaient être retrouvés par des "moyens techniques" et que "tout sera mis en oeuvre pour les dissuader si la sécurité n'est pas respectée" et "en tant que besoin par voie de réquisition judiciaire". Des instructions seront données en ce sens aux parquets par le ministère de la Justice, a fait valoir M.Hortefeux qui a envoyé mercredi ses instructions dans une circulaire aux préfets.

Concernant la préparation des "apéros géants", il a également insisté sur le fait qu'il faudrait veiller à la consommation d'alcool "en certains endroits" et à "destination des mineurs" qui sera "réprimée". Il a ajouté qu'il y aurait également "répression" en cas de violences. Selon lui, "ce n'est pas à la collectivité de payer". Il a encore évoqué des "poursuites" si la sécurité n'est pas effective mais rejeté des "solutions simplistes".

Une annonce reçue favorablement
Deux responsables socialistes ont réagi favorablement à ces propos. Le maire de Toulouse, Pierre Cohen, qui a jugé positif l'esprit de coopération qui a caractérisé selon lui une réunion de maires avec le ministre de l'Intérieur où "la tonalité était à la fois responsable, à la coopération". Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a qualifié de "position sage" l'annonce de Brice Hortefeux.

Le ministère de l'Intérieur avait adressé le 14 mai aux préfets un "document d'appel à la prudence", à propos des "apéros géants" organisés par des réseaux sociaux, événements qualifiés de "festifs mais dangereux".

A la question de savoir si l'"apéro géant" prévu dimanche sur le Champ de Mars, à Paris (VIIe) serait on non interdit, le ministre a précisé que le préfet de police de la capitale, Michel Gaudin, présent à la réunion, avait pris un arrêté "d'interdiction de consommation et de vente d'alcool" et en dirait davantage à ce sujet jeudi.

Plusieurs préfets ont déjà pris des mesures d'interdiction de tels "apéros géants", comme le préfet de la Marne qui a interdit mercredi la tenue d'une telle manifestation samedi prochain à Châlons-en-Champagne.