Besançon : l'anesthésiste Frédéric Péchier mis en examen pour "17 empoisonnements sur personnes vulnérables"

L\'anesthésiste Frédéric Péchier quitte le tribunal de Besançon (Doubs), le 29 mars 2017.
L'anesthésiste Frédéric Péchier quitte le tribunal de Besançon (Doubs), le 29 mars 2017. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Ce médecin de 47 ans est désormais suspecté d'avoir commis, au total, vingt-quatre empoisonnements, dont neuf mortels.

Après 48 heures de garde à vue, l'anesthésiste Frédéric Péchier a été présenté, jeudi 16 mai, à un juge d'instruction. Puis, comme l'a annoncé Jean-Yves Le Borgne, l'un de ses avocats, Frédéric Péchier a été mis en examen pour "17 empoisonnements sur personnes vulnérables", qui s'ajoutent aux sept autres pour lesquels il était déjà poursuivi. Les dix-sept dossiers retenus représentent un quart des 66 "événements indésirables graves" relevés dans la clinique Saint-Vincent entre octobre 2008 et novembre 2016. Sur ces 17 patients empoisonnés, sept "n'ont pas survécu". 

Frédéric Péchier est apparu "comme le dénominateur commun à ces événements indésirables graves", a déclaré le procureur de la République de Besançon (Doubs), lors d'une conférence de presse, jeudi après-midi. Etienne Manteaux a évoqué un "conflit aigu" avec ses collègues. Il a également évoqué un "faisceau d'éléments concordants", soulignant notamment que les événéments indésirables graves avaient cessé "depuis que le [docteur] n'exerce plus à la clinique, depuis mars 2017". Le procureur a notamment évoqué des analyses toxicologiques menées sur deux poches de soluté mises sous séquestre. Elles ont révélé une quantité massive de potassium dans le premier cas et d'une quantité de toxique de lydocaïne dans le second.

Une mise en examen en 2017 pour sept cas

Déjà mis en examen en 2017 pour sept cas d'empoisonnements présumés, le docteur avait été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, avec l'interdiction d'exercer sa profession. A l'issue d'une enquête préliminaire conduite depuis près de deux ans et pour les besoins de laquelle quatre corps ont notamment été exhumés en 2018, la justice cherche désormais à faire la lumière sur son éventuelle implication dans une cinquantaine d'autres incidents médicaux suspects qui pourraient dissimuler des "faits d'empoisonnement potentiels".

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