Après un an à l'Elysée, comment Hollande défend son propre bilan

François Hollande, le 24 avril 2013, dans la cour de l\'Elysée. 
François Hollande, le 24 avril 2013, dans la cour de l'Elysée.  (JACQUES BRINON / SIPA )

Le président de la République a accordé un entretien à quelques journalistes d'agence de presse, quelque jours avant de fêter le premier anniversaire de son élection. 

A quelques jours de la date anniversaire de son élection, l'heure est au bilan de l'action de François Hollande. Et le premier à se lancer est... le président lui-même, dans un entretien avec des journalistes d'agences de presse. Arrivé à des cotes de popularité extrêmement basses - 24% d'opinions favorables le dimanche 28 avril -, il cherche à relativiser. Voici quelques extraits de cette interview, qui dessinent les principaux axes de sa défense. 

La mise en avant d'un contexte particulier

"J'ai accédé à la présidence de la République dans une période exceptionnelle", explique le chef de l'Etat en préambule. Avant de détailler : "Exceptionnelle au plan économique : une crise longue, une récession en Europe, un chômage à un niveau historique. Exceptionnelle parce que j'ai été amené à engager la France au Mali. Exceptionnelle parce que le populisme s'est installé, pas seulement en France, mais partout en Europe."

La temporisation

 "Je prends la mesure de cette gravité", affirme François Hollande, qui ne compte pas changer de politique pour autant : "C'est le devoir du président de la République que de tenir bon et de voir plus loin par delà les tempêtes d'un moment. Ça s'appelle la persévérance."

Selon lui, "c'est toujours vers le président que les Français se tournent. C'est au président qu'ils demandent des comptes et c'est légitime." Mais il l'assure : "Je mesure ce que dois faire dans ce moment particulier pour le pays. Rester maître de moi, en étant sûr de ce que je pense."

Confronté à une impopularité record, le président de la République prône la maîtrise de soi dans l'adversité. Il martèle notamment : "Seuls les résultats comptent."  Et ajoute : "Les Français, eux, quand une élection est intervenue, ils jugent le président, pas le précédent (...). Il ne peut y avoir de subterfuge par la parole ou l'artifice. J'ai pris des engagements. Je serai jugé là-dessus."

Le rejet des procès en "indécision"

S'il dit garder une distance face aux critiques de la droite et d'une partie de la presse, François Hollande repousse le procès en hésitation qui lui est parfois fait. "S'il y a un reproche qui m'est apparu totalement inapproprié, c'est celui de ma prétendue indécision", estime-t-il. Pour contrer ces attaques, il met en avant des "décisions fortes" qu'il souligne avoir prises, dont le pacte de compétitivité, la réforme du marché du travail et la ligne du "sérieux budgétaire".

"J'ai compris depuis longtemps que si je me laissais atteindre par les commentaires, je ne pourrais pas avancer", glisse le président de la République. "Comme candidat et comme dirigeant politique, j'avais déjà eu l'occasion de le vérifier. A les lire, je n'avais aucune chance de devenir président", poursuit-il en référence aux sondages qui le donnaient loin derrière les autres candidats socialistes avant l'affaire DSK. Du coup, il dit s'être "fixé une ligne de conduite" : "Ne jamais se laisser impressionner, suivre son chemin. Et faire en sorte qu'il soit le bon."

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