Après l'action d'Act Up, l'auteur du tweet sur le triangle rose exclu de l'UMP

Des militants d\'Act Up collent des tracts et répandent un produit simulant du sang devant la Fondation Jérôme-Lejeune, le 4 août 2013, à Paris .
Des militants d'Act Up collent des tracts et répandent un produit simulant du sang devant la Fondation Jérôme-Lejeune, le 4 août 2013, à Paris . (BERTRAND GUAY / AFP)

Du faux sang déversé par l'association pour dénoncer la Manif pour tous au tweet évoquant le triangle rose du régime nazi, retour sur cette affaire en cinq étapes.

Du faux sang, des tweets de colère, de la provocation, une procédure d'exclusion et une demande de dissolution... les conséquences de l'action d'Act Up, menée dimanche 4 août contre une fondation dans laquelle travaille la présidente du collectif La Manif pour tous, a de multiples répercussions. Francetv info fait le point.

Acte I : Act Up fait couler du faux sang

Dimanche, des membres d'Act Up, une association de défense des malades du sida, ont déversé du faux sang sur la façade de la Fondation Jérôme-Lejeune, dans le 15e arrondissement de Paris. Cette fondation, qui soutient la recherche sur la trisomie et la lutte contre l'avortement, emploie comme chargée de communication Ludovine de la Rochère, présidente de La Manif pour tous, le collectif opposé au mariage pour tousLes militants ont également collé une dizaine d'affiches, sur lesquelles étaient notées les inscriptions "Shame" (honte)"Homophobe" et "La Manif pour tous, homophobes".

Act Up a ainsi protesté contre l'appel à l'aide effectué devant l'ambassade de Russie, le 26 mai, par des militants de La Manif pour tous contre le mariage homosexuel (vidéo ci-dessous). La peinture rouge versée sur le bâtiment symbolise, selon une militante de l'association, "le sang qui coule en Russie et que ces personnes-là veulent voir couler en France""Il n'y a pas d'attaque personnelle. On attaque l'idée de légitimation de la parole homophobe", a-t-elle ajouté. 

Acte II : la réaction de La Manif pour tous

Le collectif réagit vite et déplore dans un communiqué "des faits particulièrement scandaleux"Le collectif "annonce son intention de porter plainte pour injures publiques", et réclame des condamnations très fermes des pouvoirs publics. Il est rejoint dans sa plainte par la Fondation Jérôme-Lejeune qui parle de "terrorisme" et de "violence gratuite". En réponse à Act Up, La Manif pour tous assure également "n'avoir jamais organisé de manifestation devant l'ambassade de Russie".

Les réseaux sociaux se mêlent également à la polémique. Lundi, vers midi, Stéphane Journot, militant UMP, lâche sur Twitter des propos ambigus : "Ce qui est cool avec #ActUp, c'est qu'ils portent déjà le triangle rose. Ca va faciliter les choses...". Or, avant d'être détourné par Act Up qui en a fait son logo, le triangle rose était la marque imposée par les nazis aux homosexuels déportés. Très actif contre le mariage pour tous, comme le prouve sa chaîne YouTube, le jeune adhérant UMP s'attire immédiatement les foudres des utilisateurs du réseau.

Acte III : l'indignation

Les réseaux sociaux s'en prennent rapidement à Stéphane Journot en l'accusant d'apologie de crimes contre l'humanité, à l'image de ce tweet Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT (l'Interassociative lesbienne, gay, bi et trans).

Pour sa défense, le militant explique au Lab d'Europe 1 qu'il a tenté de faire de l'humour avant de lancer une pique à Act Up : "Porter un tee-shirt avec un triangle rose n’est pas banal, et prête forcément à confusion. Le fait de s’identifier à un des symboles des camps de concentration n’est donc pas de mon fait, mais du leur". Le jeune adhérant UMP présente malgré tout ses excuses en rappelant que "bien sûr la déportation est un acte ignoble".

Acte IV : le militant UMP devra rendre sa carte

Les nombreuses réactions de militants mais aussi d'élus, comme le député socialiste Yann Galut, qui juge ces propos "inacceptables", ont poussé l'UMP à réagir mardi. Le parti a annoncé via Twitter qu'une procédure d'exclusion était engagée à l'encontre de son militant.

L'UMP de Paris justife cette action en évoquant des "déclarations inacceptables, contraires aux valeurs du parti".

Acte V : une demande de dissolution d'Act Up

Pendant que l'UMP réglait ses comptes, le parti anciennement présidé par Christine Boutin, le Parti chrétien-démocrate (PCD), a réclamé la dissolution d'Act Up, en demandant "aux pouvoirs publics d’agir avec la plus grande fermeté face à ce saccage".

De son côté, l'association a publié une tribune sur le Huffington Post. Selon elle, La Manif pour tous mérite d'être qualifiée d'"homophobe" en raison de la manifestation effectuée devant l'ambassade de Russie, un régime politique qui tolère "violences, discriminations et humiliations" à l'encontre des homosexuels.

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