Antilles : Ayrault maintient le dispositif de défiscalisation

(Reuters)

A l'occasion d'un déplacement de trois jours en Martinique et en Guadeloupe, Jean-Marc Ayrault a annoncé ce jeudi le maintien du système de défiscalisation propre à l'outre-mer. Le Premier ministre souhaite aussi innover en expérimentant un crédit d'impôts.

Les acteurs économiques des Antilles attendaient avec
impatience les annonces de Jean-Marc Ayrault concernant la défiscalisation dont
bénéficient les territoires d'outre-mer. Le Premier ministre les a rassurés. A
Fort-de-France ce jeudi, le chef du gouvernement a annoncé le maintien du
système de défiscalisation en particulier pour "les petites entreprises
et les entreprises de taille moyenne"
. Jean-Marc Ayrault a ainsi
déclaré : "Soyons clairs! Mon objectif  est que les dispositifs qui ont fait leur
preuve soient maintenus, tout en améliorant leur efficacité."

  Le Premier
ministre souhaite aussi expérimenter un crédit d'impôt pour les grandes entreprises
et les organismes de logement social. Ce dispositif doit permettre d'éviter les
intermédiaires qui interviennent dans le système des niches fiscales. Ces dispositifs
seront inscrits dans la loi de finances 2014 présentée en septembre Jean-Marc
Ayrault a déclaré : "L'approche du gouvernement est de ne pas
déstabiliser mais aussi de réformer
."

Ayrault a promis des "propositions
concrètes
"

Jean-Marc Ayrault a débuté mercredi son premier déplacement
aux Antilles depuis son entrée à Matignon. Le Premier ministre Français devrait
faire à l'occasion de ce déplacement des propositions concrètes en matière
d'emploi, de fiscalité ou encore de sécurité. Après la Martinique de mercredi à
jeudi, Jean-Marc Ayrault se rend de jeudi à vendredi en Guadeloupe. Objectif du
chef du gouvernement "écouter, dialoguer mais aussi dire tout ce qui a
été entrepris depuis un an. "

  D'après
Jean-Marc Ayrault : "Après dix année de recul, le défi à relever est
considérable
. Il y a des problèmes d'emploi, de formation, de sécurité, d'environnement" .
Après les protestations contre la vie chère et la grève générale en Guadeloupe
en 2009, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait mis en place différentes.
Parmi les dispositifs, le bouclier qualité-prix de Victorin Lurel. Ce bouclier
devait permettre de baisser le prix de cent produits de consommation de base. Autre
mesure, la mise en place d'un revenu supplémentaire temporaire d'activité.

"La Guadeloupe menacée d'explosion sociale"

Un peu plus de quatre ans après l'instauration de ces
mesures, le bilan est très mitigé. Elie Domota, porte-parole du LKP, collectif
contre l'exploitation outrancière, juge le bouclier du député de Victorin Lurel
"d'attrape-nigaud, les prix n'ont pas baissé, bien au contraire". L'ancien
leader de la grève générale de 2009 s'attend même à une "explosion
sociale
".  Pour Elie Domota
" les accords sur les prix de l'eau, sur les prix des marchandises, sur
les salaires qui n'ont jamais été respectés
".  

Le taux de chômage aux Antilles est deux fois plus élevé
qu'en métropole. En Guadeloupe, 33% de la population active est sans emploi, et
60% des moins de 25 ans sont au chômage. Dans ce contexte, Elie Domota, leader
du LKP s'attend à "une explosion sociale ".  La Guadeloupe et la Martinique ont massivement
voté pour François Hollande en 2012.  

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