Angolagate : Pasqua annonce des révélations

L\'ancien ministre de l\'Intérieur Charles Pasqua, le 7 janvier 2009.
L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, le 7 janvier 2009. (© AFP - Gérard Cerles)

Le sénateur Charles Pasqua propose dans une lettre aux parlementaires de créer une commission du secret-défense

Le sénateur Charles Pasqua propose dans une lettre aux parlementaires de créer une commission du secret-défenseLe sénateur Charles Pasqua propose dans une lettre aux parlementaires de créer une commission du secret-défense

Il réclame la levée du secret-défense autour de la libération fin 1995 de deux pilotes français retenus en Bosnie et estime que l'"on ne peut pas rester dans le système actuel".

Charles Pasqua, condamné à 3 ans de prison dont un ferme dans le procès de l'Angolagate, annonce qu'il fera jeudi des "révélations" avec des "preuves matérielles".

L'ancien ministre de l'Intérieur s'emploiera à "rafraîchir la mémoire" de l'ancien président Chirac. La semaine dernière, également dans le JDD, M. Pasqua avait accusé M. Chirac d'avoir "débloqué 900.000 francs" pour la libération des deux pilotes, obtenue selon lui grâce à l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak, également condamné dans le dossier Angolagate.

M. Chirac avait indiqué mercredi ne pas avoir "un souvenir très précis de cette affaire".

Dans sa lettre aux députés et sénateurs, Charles Pasqua propose "la création d'une commission parlementaire, permanente. Il faudrait que dès que le nom d'un homme politique ou d'un responsable est cité, celui-ci puisse d'adresser à cette commission, habilitée à enquêter sur des informations protégées par le secret-défense".

"J'estime aujourd'hui que l'on se sert du secret-défense, en France, pour protéger quelques aigrefins. Des escrocs s'abritent derrière l'intérêt national et le secret-défense pour faire leurs propres affaires", dénonce M. Pasqua.

Il pointe "une douzaine de personnes, en France, qui font croire qu'elles agissent pour des politiques, mais qui ont fait des fortunes considérables. Ou qui ont pu enrichir certains".

"Dans l'affaire Elf, par exemple, André Tarallo se faisait passer pour l'ayant droit d'Omar Bongo, je ne suis pas sûr que cela corresponde à la réalité", argumente l'ancien ministre, en glissant que "Tarallo, camarade de promotion de Chirac à l'ENA, condamné à 7 ans de prison, n'est resté qu'un mois en détention".