Alexis Jenni : des tableaux noirs au prix Goncourt

L\'écrivain Alexis Jenni pose au restaurant Drouant, à Paris (2e), avant de recevoir le prix Goncourt, le 2 novembre 2011.
L'écrivain Alexis Jenni pose au restaurant Drouant, à Paris (2e), avant de recevoir le prix Goncourt, le 2 novembre 2011. (BERTRAND GUAY / AFP)

Alexis Jenni a remporté mercredi 2 novembre le prix Goncourt avec son premier roman L'Art français de la guerre, publié chez Gallimard. Portrait de ce professeur devenu révélation de la rentrée littéraire 2011.

Pour un premier roman, c'est une prouesse. L'écrivain Alexis Jenni a reçu mercredi 2 novembre le prix Goncourt pour son ouvrage L'Art français de la guerre (Gallimard). Ce livre ambitieux (630 pages) raconte l'histoire d'un ancien parachutiste qui a fait toutes les guerres françaises entre 1943 et 1962 et qui décrit son parcours à un jeune homme, le narrateur.

A 48 ans, ce professeur de sciences naturelles au lycée Saint-Marc de Lyon, acclamé par la critique, était donné favori pour le plus prestigieux des prix littéraires français. Gallimard, qui fête cette année son centenaire, se voit là offrir un beau cadeau.

Un "écrivain du dimanche" 

Pour Alexis Jenni, ce succès est inattendu. Ce professeur a longtemps écrit pour son seul plaisir, entre deux cours donnés au lycée. "Depuis la fin de mes études, il y a vingt ans, j'ai écrit plusieurs choses qui n'ont pas marché. Alors je me disais que je resterais toujours un écrivain du dimanche, comme il y a des peintres du dimanche", confie-t-il. 

Il doit désormais composer avec cette notoriété soudaine et veut attendre six mois avant de montrer à Gallimard la suite de son travail. Il n'envisage pas de quitter ses élèves, mais laisse reposer ses projets d'écriture, sous la forme de croquis et de petites notes sur son blog dessiné, Voyages pas très loin. A l'heure de revenir au roman, il dit qu'il cherchera à "raconter le réel". 

Inspiré par le débat sur l'identité nationale

Comme dans ses deux premières œuvres, non éditées, Alexis Jenni aborde dans L'Art français de la guerre "la question de la transmission". C'est une obsession de longue date pour ce père de trois enfants aux origines suisses-allemandes. 

D'où la réflexion sur l'identité nationale qui hante ses 630 pages et dicte leur structure. "Ce débat (...) m'a beaucoup inspiré mais je n'ai aucune préconisation, aucun avis. Je voulais amener à réfléchir", explique l'écrivain. Certains lui ont reproché excès de classicisme et grandiloquence. Mais la plupart des critiques l'ont finalement encensé.

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