Albin Chalandon était entendu dans le cadre de l'affaire Visionex sur des paris clandestins

Rachida Dati (G), Pascal Clement (M) et Albin Chalandon (D) en 2007
Rachida Dati (G), Pascal Clement (M) et Albin Chalandon (D) en 2007 (AFP/DOMINIQUE FAGET)

L'ancien garde des Sceaux sous Chirac en 1986 a été placé en garde à vue dans l'affaire qui touche cette société nantaise soupçonnée de fabriquer des bornes internet permettant des paris clandestins et visée par une enquête dans laquelle son fils a été mis en examen.Albin Chalandon, 90 ans, était en garde à vue "à son domicile".

L'ancien garde des Sceaux sous Chirac en 1986 a été placé en garde à vue dans l'affaire qui touche cette société nantaise soupçonnée de fabriquer des bornes internet permettant des paris clandestins et visée par une enquête dans laquelle son fils a été mis en examen.

Albin Chalandon, 90 ans, était en garde à vue "à son domicile".

Chalandon est soupçonné d'être "intervenu" dans le dossier, selon une source proche de l'enquête.

Celle-ci vise la société Visionex pour infraction à la législation sur les jeux de hasard: elle aurait proposé aux cafetiers des bornes internet qui sont soupçonnées d'être en fait des machines à sous. Le fils d'Albin Chalandon , Fabien, conseiller technique de Visionex, a été mis en examen dans cette affaire le 20 mai pour infraction à la législation sur les jeux de hasard.

Il est soupçonné d'avoir intercédé auprès du ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, pour obtenir les autorisations d'exploitation de ces bornes. Son interlocuteur place Beauvau était alors David Sénat, l'ancien conseiller de la ministre, selon des sources proches du dossier. Ce dernier a lui aussi été mis en examen dans cete affaire le 30 septembre.

Le patron de Visionex, Olivier Sigoignet, également mis en examen dans ce dossier, est déjà passé en jugement à Créteil en décembre, poursuivi là encore pour infraction à la législation sur les jeux de hasard, mais pour des bornes d'un modèle différent. Le jugement doit être rendu le 14 janvier.

Dans un courrier du 21 juillet 2008 et révélé par le Parisien en mai dernier, Mme Alliot-Marie, indique à son homologue de la Justice Rachida Dati que M. Sigoignet "n'avait pas d'intention coupable" et que les bornes Visionex ne semblent pas entraîner "de sacrifice pécuniaire" pour ses utilisateurs.

Albin Chalandon est considéré comme le "mentor" de Rachida Dati, l'ancienne ministre de la Justice. Selon le Canard Enchaîné, Mme Dati a demandé en 2008 que soient "clôturées les investigations" du juge d'instruction, magistrat indépendant, dans cette affaire, ce qu'avait démenti l'intéressée. Interrogée par l'AFP, l'eurodéputée UMP avait évoqué la possibilité d'un "faux" document.

Gaulliste, résistant, plusieurs fois député, Albin Chalandon a été PDG d'Elf-Aquitaine. Il avait été nommé garde des Sceaux en mars 1986 dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, avant de devenir le symbole à l'époque d'une politique sécuritaire.