124 militants pro-palestiniens arrivés d'Europe ont été interdits d'entrée en Israël vendredi

Le terminal 1, à l\'aéroport Roissy-Charles De Gaulle.
Le terminal 1, à l'aéroport Roissy-Charles De Gaulle. (Jacques Loic / Photononstop)

Bloqués à l'aéroport de Tel Aviv, ils étaient détenus samedi dans l'attente de leur expulsion.Alors que la flottille pour Gaza a été bloquée à son départ des ports grecs, des centaines de militants de la cause palestinienne avaient décidé de converger vers Israël par les airs pour se rendre dans les territoires.

Bloqués à l'aéroport de Tel Aviv, ils étaient détenus samedi dans l'attente de leur expulsion.

Alors que la flottille pour Gaza a été bloquée à son départ des ports grecs, des centaines de militants de la cause palestinienne avaient décidé de converger vers Israël par les airs pour se rendre dans les territoires.

"L'accès du territoire israélien a été interdit à 124 militants pro-palestiniens venus d'Europe. Ils sont actuellement détenus dans des prisons israéliennes", a déclaré samedi la porte-parole des services d'immigration, Sabine Hadad.

Ils "seront expulsés dès qu'il y aura des places et des vols disponibles. Aujourd'hui, jour de shabbat (le repos hebdomadaire: ndlr), il n'y a pas beaucoup de vols et le processus d'expulsion risque de se prolonger quelque peu", a-t-elle ajouté.

Elle a précisé que la majorité des militants étaient des Français, mais qu'il y avait aussi des Américains, des Belges, des Bulgares, des Espagnols et des Néerlandais, notamment.

Israël a réussi à bloquer depuis jeudi la venue de centaines de militants qui voulaient arriver par l'aéroport Ben Gourion à Tel Aviv pour se rendre dans les territoires palestiniens. Elle les a arrêtés à leur arrivée ou les a bloqués en amont, en dissuadant des compagnies aériennes de les laisser embarquer au départ.

Une cinquantaine de militants ont tout de même réussi à passer à travers les mailles du filet et sont arrivés en Cisjordanie en passant par Ben Gourion, selon le site d'information Ynet.

Les militants évacués de Roissy
A l'aéroport parisien de Roissy, une cinquantaine de voyageurs qui occupaient un terminal de la Lufthansa à Roissy ont été évacués vendredi soir. On leur avait refusé l'enregistrement de leur vol, car leur nom figurait sur une liste envoyée jeudi par Israël de 342 "personnes indésirables".

"Roissy sous blocus, Lufthansa collabos !", scandaient le matin même les voyageurs au terminal 1 où ils devaient embarquer. "Roissy-Charles de Gaulle est sous occupation israélienne. Nous sommes des gens pacifiques qui n'avons aucune intention de semer le désordre à l'aéroport Ben Gourion", a déclaré Olivia Zemor, coordinatrice du mouvement Bienvenue Palestine en France.

Les voyageurs refoulés, dont la destination finale était Bethlehem en Cisjordanie, étaient invités par d'autres associations et devaient prendre un vol Lufthansa pour Tel Aviv via Francfort. D'autres participants à ce mouvement devaient embarquer au terminal 2F sur un vol Alitalia via Rome.

Scènes similaires en Europe
Neuf personnes ont été refoulées jeudi d'un vol de la compagnie hongroise Malev car leur nom apparaissait sur la liste. Et vendredi, trois Français se sont vu refuser d'embarquer vendredi à Bruxelles à bord d'un avion de la compagnie aérienne Swiss. A Génève, une cinquantaine de voyageurs également refusés de vol, cette fois sur Easyjet ont provoqué des retards.

Des associations de soutien aux Palestiniens avaient appelé sur internet leurs sympathisants à converger le 8 juillet vers l'aéroport international David ben Gourion de Tel Aviv, afin de se rendre ensuite dans les territoires palestiniens.

Les services de l'immigration israéliens ont confirmé avoir remis aux compagnies aériennes une liste de 342 personnes indésirables, les avertissant qu'elles seraient aussitôt refoulées aux frais des compagnies.

La flottille bloquée
Plusieurs membres de la campagne "Un bateau pour Gaza", dont le militant du NPA Olivier Besancenot, ont atterri à l'aéroport d'Orly vendredi soir, affirmant que "la flotille n'est pas morte" et que "le combat continue", a constaté une journaliste de l'AFP.

"Cette campagne, on a décidé de la rebaptiser "Phénix": la flottille renaîtra de ses cendres", a-t-il indiqué. Il revenait de Grèce avec trois autres militants qui se trouvaient à bord du bâteau Le Dignité: Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, Nabil Ennasri, président du collectif des musulmans de France et Nicole Kiil-Nielsen, député européenne EELV. Après 6 jours en mer, "dont 3 à jouer au chat et à la souris avec les autorités grecques", le bateau Le Dignité a été immobilisé, mais il a pu quitter le port vendredi, ont raconté les militants.

La "flottille pour Gaza", composée d'une dizaine de bateaux, avait prévu d'appareiller de Grèce pour aller livrer de l'aide au petit territoire palestinien.

La garde-côte grecque a intercepté jeudi un bateau français de la flottille qui entend briser le blocus maritime imposé par Israël à la bande de Gaza. Parti de Corse, le "Dignité-Al Karama" a été repéré au petit matin en Crète où il se ravitaillait et remorqué jusqu'au port de Sitia pour des vérifications.

Il s'agit du troisième bateau de la flottille intercepté par la Grèce. Les autres embarcations, au nombre de sept, ont été bloquées dans les ports grecs, Athènes ayant interdit à la flottille d'appareiller pour la Méditerranée orientale en arguant de la sécurité des militants à bord.

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