"Il y a de la déception car j'aurais aimé que ce soit Xavier Dupont de Ligonnès" réagit l'avocat de Geneviève et Christine Dupont de Ligonnès

Des journalistes devant l\'ancien domicile de Xavier Dupont De Ligonnès et de sa famille, le 12 octobre 2019, à Nantes. 
Des journalistes devant l'ancien domicile de Xavier Dupont De Ligonnès et de sa famille, le 12 octobre 2019, à Nantes.  (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

L'avocat de la mère et de la soeur de Xavier Dupont de Ligonnès estime la responsabilité de cette méprise incombe davantage au fonctionnaire de police qui a divulgué une fausse information qu'aux journalistes. 

"Il y a de la déception car j'aurais aimé" que ce soit Xavier Dupont de Ligonnès, a expliqué sur franceinfo Stéphane Goldenstein l'avocat de Geneviève et Christine Dupont de Ligonnès respectivement la mère et la sœur de Xavier. Ce dimanche 13 octobre, il est revenu sur l'annonce, ensuite démentie, de l'arrestation en Ecosse de l'auteur présumé de la tuerie de Nantes. "La responsabilité n'est absolument pas celle de la presse qui a fait son travail. La responsabilité est celle du fonctionnaire de police qui a cru devoir donner l'information à un journaliste", estime-t-il.

franceinfo : Cette fin de semaine a été particulièrement agitée avec l'annonce vendredi de l'arrestation de cet homme qui avait été pris à tort pour Xavier Dupont de Ligonnès. Comment vos clients ont-ils vécu cette soirée de vendredi ?

Stéphane Goldenstein : Je trouve que Christine Dupont de Ligonnès, que j'ai eue immédiatement au téléphone, a eu un sang-froid considérable. Je lui dis "votre frère a été interpellé et ses empreintes correspondent." Et là elle me pose cette question. "Est ce que des empreintes ça suffit ?" Et là je lui dis "oui a priori des empreintes, ça suffit mais de toute façon ne vous inquiétez pas il y aura des prélèvements ADN pour comparer". Et j'ai commencé à réfléchir dans la soirée et je me suis moi-même posé des questions en me disant que, d'une part, cette information n'était pas confirmée par le parquet et que, d'autre part, j'ai tellement vu de balivernes dans ce dossier que j'allais quand même attendre avant d'en avoir la certitude. Et finalement je suis le premier à avoir émis des doutes sur l'authentification de Xavier Dupont de Ligonnès. Mais j'aurais préféré que ce soit lui parce que ça fait quand même huit ans que j'attends.

Le lendemain lorsque finalement les tests ADN montrent que la personne interpellée n'est pas la personne que l'on recherche, quel est le sentiment qui domine ?

Il y a de la déception parce que j'aurais bien aimé que ce soit Xavier Dupont de Ligonnès. Parce qu'on aimerait avoir la réponse à de multiples questions. Parce que pour l'instant mes clientes se sont forgées leurs propres convictions et elles ont impérativement besoin d'avoir les déclarations de Xavier pour vérifier ce qu'il en est exactement.

Ce sont toutes ces fausses pistes à répétition qui ont créé ce scepticisme chez Christine Dupont de Ligonnès ?

Il y a eu je crois 700 ou 800 signalements et si, à chaque signalement, Christine et sa mère devaient s'affoler on ne s'en sortirait pas. Il se trouve que quand il y a des signalements je suis informé des semaines après par la consultation du dossier et par la remontée d'informations au magistrat instructeur. Là, la chance, ou la malchance, que j'ai dans ce dossier c'est que dès que quelqu'un fait l'objet d'une vérification un peu plus médiatisée qu'une autre, la presse s'emballe et m'informe. Donc c'est bien. C'est un dossier où j'apprends l'information non pas par le dossier pénal mais je l'apprends par la presse. La responsabilité n'est absolument pas celle de la presse qui a fait son travail. La responsabilité est celle du fonctionnaire de police qui a cru devoir donner l'information à un journaliste. Après vous interrogez des autorités beaucoup plus élevées dans la hiérarchie qui ne peuvent que vous confirmer l'information. J'attends de voir la réalité de cette affaire lorsque ça arrivera chez le juge d'instruction. Je suis curieux de lire le télégramme de transmission des autorités écossaises aux autorités françaises.

Allez-vous engagez des poursuites contre le ou les auteurs de ces fuites ?

Vous savez j'ai poursuivi un policier qui avait violé le secret de l'instruction et j'ai obtenu une condamnation symbolique à 3000 euros d'amende. Je vais arrêter de perdre mon temps à poursuivre des policiers qui croient pouvoir se faire plaisir en communiquant des informations alors que c'est un dossier sensible et qui surtout ne pensent pas aux conséquences dommageables. Geneviève Dupont de Ligonnès a près de 90 ans. On lui apprend que son fils a été arrêté alors que c'est faux. Cette femme ça fait huit ans qu'elle attend de connaître la vérité. On ne s'habitue pas à ce genre de douleur.

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