"C'est moi qu'on a pris pour Xavier Dupont de Ligonnès", raconte le frère Jean-Marie Joseph

Les journalistes devant le monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var), le 9 janvier 2018.
Les journalistes devant le monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var), le 9 janvier 2018. (MAXPPP)

Ce moine du monastère de Roquebrune-sur-Argens (Var) confie sa surprise car il estime ne pas ressembler "du tout" à Xavier Dupont de Ligonnès.

Il n'en revient pas. "C'est moi qu'on a pris, d'après les policiers, pour ce monsieur [Xavier Dupont de Ligonnès]", raconte à LCI le frère Jean-Marie Joseph, un moine du monastère du Saint-Désert, à Roquebrune-sur-Argens (Var). La police a fouillé le lieu, mardi 9 janvier, dans l'espoir de mettre la main sur l'homme soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants en 2011. Deux fidèles avaient signalé la possible présence au monastère du quinquagénaire recherché.

A la sortie d'une messe, une dizaine de policiers en civil ont sonné à la porte de la sacristie, raconte le moine à LCI : "Une des personnes présentes m’a montré sa plaque. Puis s’est présentée comme étant de la police judiciaire, mandatée pour visiter le monastère dans le cadre de l’affaire Dupont de Ligonnès. J’ai très vite compris qu’il fallait que je les laisse rentrer."

"Je suis tombé des nues"

Après avoir fouillé le monastère, la police a fini par comprendre qu'il s'agissait d'une méprise et que les fidèles avaient confondu le frère Jean-Marie Joseph avec Xavier Dupont de Ligonnès. Le moine ne cache pas sa surprise : "Je suis tombé des nues. Certaines choses peuvent correspondre, certes, comme la taille – je mesure 1,82 mètre – ou l’âge – j’ai 53 ans. Pour le reste, je ne lui ressemble pas du tout. J’ai des lunettes, certes. J’ai les cheveux coupés à ras et plutôt blancs disons que bruns… J’ai un frère de communauté, dans un autre couvent, qui lui ressemblerait davantage."

Les policiers ont fini par repartir en laissant la communauté religieuse reprendre son cours, mais le frère Jean-Marie Joseph regrette aujourd'hui le déploiement "spectaculaire" des forces de l'ordre : "Les policiers ont été très polis, très courtois. Mais ce jour-là, tout était disproportionné. Venir déranger un monastère comme ça…"

Et pour rassurer tout le monde, il assure que si Xavier Dupont de Ligonnès se présentait, il ne le cacherait pas : "Je ne peux pas concevoir que l’on puisse cacher une personne recherchée par la police. Je ne peux pas être complice. S’il se présentait ici, je l’inviterais à se dénoncer."

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