Deux policiers condamnés à sept ans de prison ferme pour le viol d'une touriste canadienne au 36, quai des Orfèvres

Le 36, quai des Orfèvres, le 30 juin 2017, à Paris.
Le 36, quai des Orfèvres, le 30 juin 2017, à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Les deux agents de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) comparaissaient pour avoir violé une touriste canadienne, le 22 avril 2014 au cours d’une soirée arrosée, dans les anciens locaux de la police judiciaire parisienne.

Deux ex-policiers ont été condamnés à sept ans d'emprisonnement pour viol par la cour d'assises de Paris, jeudi 31 janvier. Jugés depuis le 14 janvier, Antoine Quirin et Nicolas Redouane, deux agents de la brigade de recherche et d’intervention (BRI), comparaissaient pour avoir violé une touriste canadienne, le 22 avril 2014 au cours d’une soirée arrosée, dans les anciens locaux de la police judiciaire parisienne, au 36, quai des Orfèvres.

"Ils ont été reconnus coupables du viol en réunion d'Emily Spanton", a déclaré le président de la cour d'assises, Stéphane Duchemin. La cour a été "convaincue" par "les déclarations constantes de la victime" et par "les éléments scientifiques et techniques", dont les expertises ADN et les analyses de la téléphonie, a ajouté le président. Les policiers, eux, niaient le viol, expliquant que la plaignante était consentante pour des relations sexuelles. 

Les deux hommes nient les faits

La cour a également pris en compte "la particulière gravité des faits" à l'encontre d'une jeune femme sous l'influence de l'alcool et le "lieu de commission des faits", le siège de la police judiciaire. La cour a ordonné l'inscription des deux ex-policiers au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Les deux hommes, qui dormiront jeudi soir en prison, devront en outre verser 20 000 euros à la victime. Antoine Quirin a éclaté en larmes à l'énoncé du verdict, conforme aux réquisitions de l'avocat général Philippe Courroye. Leurs avocats ont annoncé qu'ils feraient appel du verdict "dès demain [vendredi] matin", et demanderaient leur remise en liberté.

Avant que la cour ne délibère au terme de deux semaines et demie d'audience, les accusés avaient dit leurs derniers mots : "Je reconnais en tant que policier que je n'aurais jamais dû amener Emily Spanton dans les locaux de la BRI, avait dit Nicolas Redouane. Je n'ai jamais, jamais, jamais agressé, violenté, violé Emily Spanton." "J'ai peut-être été infidèle mais je n'ai jamais violé une femme. Je n'ai jamais violé cette femme", avait enchaîné Antoine Quirin.

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