VIDEO. 13h15. Adoption : où sont les pupilles de la Fondation d'Heucqueville ?

La Fondation d’Heucqueville faisait accoucher des femmes dans un appartement secret. Ces mères lui abandonnaient alors leur enfant. L’Etat soupçonnera l’œuvre d'adoption privée de se livrer à un trafic, en plaçant ses pupilles contre de l’argent. Extrait de "13h15 le samedi".

Gilles Barbier a découvert à 50 ans qu’il avait été adopté. Sa mère biologique l’avait abandonné à la Fondation d’Heucqueville après avoir accouché dans une discrète annexe de l’œuvre d’adoption privée créée en 1935 : "Elle est rentrée avec un enfant, puis est ressortie, sinon vierge mais propre pour sa famille, sans moi. C’était une histoire à oublier. C’était fini…"

"Beaucoup de pupilles de la Fondation d’Heucqueville sont nés dans cet appartement du 13, rue Pierre-Guérin, dans le 16e arrondissement de Paris. On est à deux pas de la fondation et à trois du domicile de son assistante sociale en chef. C’était une adresse secrète d’où rien ne sortirait", explique Patricia Fagué, spécialiste de la recherche de personnes disparues.

"Un véritable trafic"

La journaliste a découvert un document qui révèle que l’Etat, confronté à de très nombreux abandons d’enfants après la Deuxième Guerre mondiale, a lancé plusieurs enquêtes. Certaines œuvres d’adoption privées sont soupçonnées de malversations. Parmi celles se trouvant dans son collimateur, la Fondation d’Heucqueville, accusée d’encourager l’abandon d’enfants et de faire pression sur les jeunes mères.

Un rapport émanant du ministère de l’Intérieur lui reproche de n’accepter que les demandes d’adoption "accompagnées d’un versement". Pour les fonctionnaires de la place Beauvau, il s’agirait d’un "véritable trafic". En 1950, la procédure judiciaire est cassée pour vice de forme. La Fondation d’Heucqueville ne sera plus inquiétée jusqu’à sa fermeture trente ans plus tard… en 1979.

Vous êtes à nouveau en ligne