VIDEO. 13h15. Adoption : les secrets de famille de la Fondation d'Heucqueville

Après la Deuxième Guerre mondiale, la Fondation d’Heucqueville recueillait entre 200 et 300 nourrissons par an. L’avortement était alors considéré comme un crime. Les couples fortunés venaient y chercher l’enfant qui leur manquait… Extrait de "13h15 le samedi".

Patricia Fagué est l’une des rares journalistes à avoir enquêté sur le système des adoptions privées d’enfants en France. Cette spécialiste des recherches de personnes disparues s’est notamment intéressée, il y a quelques années, à une institution prestigieuse : la Fondation d’Heucqueville.

Pendant une dizaine d’années, elle a amassé des kilos de documents sur un grand nombre d’œuvres d’adoption privées : "Un trésor représentant un travail de titan", selon l’enquêtrice, qui ne possède qu’un seul film sur la Fondation d’Heucqueville, tourné en mai 1941 à Paris. On y voit de beaux bébés en pleine forme, choyés et soignés par une trentaine de nurses et de médecins.

"Tout s’écroule, vous n’avez plus de socle"

Cette œuvre d’adoption privée était réputée. Dans les années 50, Georges Pompidou, futur Premier ministre et président de la République, a même fait partie de son conseil d’administration. Après la Deuxième Guerre mondiale, la Fondation d’Heucqueville recueillait entre 200 et 300 nourrissons chaque année. Gilles Barbier est revenu sur les lieux de son abandon, dans le très chic 16e arrondissement de Paris.

L’institution a été créée en 1935 par un magistrat, à une époque où l’avortement était encore considéré comme un crime. Des milliers d’enfants étaient alors abandonnés à l’Assistance publique ou à des œuvres privées. Des couples fortunés adoptaient l’enfant qui leur manquait auprès de cette fondation, qui leur conseillait de ne jamais le lui révéler. Gilles Barbier apprendra son secret de famille à 50 ans : "Tout s’écroule, vous n’avez plus de socle. Il faut reconstruire une autre histoire."

Vous êtes à nouveau en ligne