Victime de racisme, la communauté asiatique manifeste à Paris

Des manifestants d\'origine chinoise défilent à Paris, le 21 août 2016, pour réclamer la fin des violences répétées à leur encontre après la mort d\'un couturier chinois agressé à Aubervilliers.
Des manifestants d'origine chinoise défilent à Paris, le 21 août 2016, pour réclamer la fin des violences répétées à leur encontre après la mort d'un couturier chinois agressé à Aubervilliers. (BERTRAND GUAY / AFP)

Face au racisme dont elle se dit victime, la communauté asiatique manifeste dimanche 4 septembre à Paris, pour réclamer "la sécurité pour tous" et plus d' "effectifs policiers". L'agression mortelle d'un Chinois de 49 ans, début août, a été le déclencheur de la mobilisation.

Trop, c'est trop, et ils vont le faire savoir : un collectif d'associations des communautés chinoise et asiatique de la région parisienne appelle à manifester dimanche 4 septembre à Paris à 14h, entre les places de la République et de la Bastille.

De nombreux membres de ces communautés dénoncent des agressions à répétition à leur encontre, et le dernier drame en date, début août, a provoqué leur fureur : la mort de Zhang Chaolin, un couturier chinois de 49 ans, suite à son agression à Aubervilliers en Seine Saint Denis - 3 personnes, 2 mineurs et un majeur de 19 ans ont été mis en examen et placés en détention dans cette affaire.

Recrudescence des agressions, aggravation des violences

Le mot d'ordre de la manifestation est simple : ils réclament "la sécurité pour tous", plus d' "effectifs policiers" et entendent dénoncer un "racisme anti asiatique". Car selon Me François Ormillien, qui représente les associations à l'origine de la manifestation, "il y a un vrai besoin de sécurité". Les asiatiques où français d'origine asiatique demandent à "pouvoir rentrer chez eux en sécurité, ce n'est pas le cas aujourd'hui".  

"Cela fait longtemps que les associations disent qu'il y a un vrai risque pour la communauté chinoise, poursuit l'avocat, mais il a fallu cet évènement dramatique pour qu'il y ait une réelle prise de conscience aujourd'hui".

Maître Ormillien estime que "depuis la fin de l'année 2015, il y a une recrudescence des agressions et une aggravation de ces violences". C'est ce qui a poussé la communauté chinoise à s'organiser pour essayer "de lutter contre ce phénomène".

"25 ans après, c'est toujours la même chose"

Dans le cortège est notamment attendu Frédéric Chau, un humoriste et acteur franco-vietnamien, qui a déclaré sur franceinfo qu'il avait "le sentiment que la situation se dégrad[ait] énormément".

Il a raconté à l'antenne que lorsqu'il avait appris la mort du couturier d'Aubervilliers, il avait été "indigné" car le drame est entré en résonnance avec son histoire personnelle : "Quand j'avais 15 ans c'est arrivé à ma mère. Aujourd'hui, j'en ai 40 et 25 ans après c'est toujours la même chose".

L'acteur du film "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu" estime qu'actuellement "on est dans une conjoncture assez crispante : on n'est plus en train de fédérer, on est en train de diviser tout le monde".

Bernard Cazeneuve promet des renforts

L'humoriste a rappelé qu'Aubervilliers était "le plus grand centre d'import-export en Europe" et que les préjugés dont est victime la communauté asiatique véhiculent l'idée "qu'ils ont toujours de l'argent liquide sur eux".

L'acteur estime que la communauté asiatique est "une cible assez facile", car selon lui, les premiers immigrés asiatiques n'ont jamais dénoncé les agressions car la communauté asiatique est "introvertie et en retrait". Or, Frédéric Chau considère que cela est en train de changer, car la deuxième et la troisième génération se "sentent pleinement français" et "dénoncent ces injustices, réclament leurs droits en tant que citoyens français".

Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a promis des renforts policiers à Aubervilliers où vit une importante communauté chinoise, mais sans donner de chiffres. Il est attendu pour une visite sur place dans la semaine.

Vous êtes à nouveau en ligne