Suicide dans une maternelle parisienne : que sait-on du drame ?

Des parents récupèrent leurs enfants à l\'école maternelle privée La Rochefoucauld à Paris (7e), après le suicide d\'un homme, sous les yeux d\'une dizaine d\'élèves, jeudi 16 mai 2013.
Des parents récupèrent leurs enfants à l'école maternelle privée La Rochefoucauld à Paris (7e), après le suicide d'un homme, sous les yeux d'une dizaine d'élèves, jeudi 16 mai 2013. (MARTIN BUREAU / AFP)

Une source policière évoque auprès de francetv info un homme "désespéré", en proie "à des problèmes familiaux".

Une dizaine d'enfants ont assisté au drame. Jeudi 16 mai, vers 11h30, un homme s'est suicidé dans une école maternelle du 7e arrondissement de Paris, a annoncé la police. "Il n'est pas venu par hasard dans cette école. Un de ses enfants y avait été scolarisé", affirme Christophe Crépin, du syndicat Unsa-Police, contacté par francetv info. 

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, est rentré "en urgence" de Bruxelles, pour se rendre sur place en début d'après-midi. Une enquête a été ouverte. Francetv info récapitule ce que l'on sait de ce drame.

Que s'est-il passé ? 

A l'heure du déjeuner, un homme est entré dans le hall de l'école privée catholique La Rochefoucauld, située rue Cler, dans le quartier du Gros-Caillou, à deux pas des Invalides et de la tour Eiffel. Une dizaine d'enfants étaient présents dans le hall de l'établissement, ainsi que deux adultes. 

De source proche de l'enquête, l'homme, très agité, n'est pas entré par la cour principale, mais dans un bâtiment en brique adjacent, d'où il a accédé au hall. Un fusil et quelques papiers à la main, il s'est dégagé des deux personnes qui tentaient de le neutraliser. Il est "entré de force dans l’établissement en bousculant les deux gardiennes. Il a alors sorti son arme de son sac durant la bousculade", précise le site de 20 Minutescitant le recteur de l'académie de Paris. Il a ensuite placé le canon de son fusil sous sa mâchoire et a tiré. Il est mort sur le coup, a précisé cette source proche de l'enquête. 

 

"J'ai entendu un coup de pistolet, j'ai vu tout le sang, a témoigné une écolière, interrogée par Europe 1. J'ai vu aussi que le monsieur, il est tombé en arrière quand il s'est tué, c'est horrible." 

Selon une information révélée par RTL, l'homme "a jeté des feuilles contenant des mots tels que 'Cahuzac' ou 'Montgolfier', avant de retourner son fusil à canon scié contre lui". Christophe Crépin, d'Unsa-Police, évoque, lui, des "tracts lancés", auprès de francetv info.

Que sait-on de cet homme ? 

Il ne portait sur lui aucun papier d'identité et ne faisait pas partie du personnel de l'établissement. Selon plusieurs médias, comme 20 Minutes, il est âgé de 51 ans. Les raisons qui l'ont poussé à ce geste dans l'enceinte de cet établissement sont encore inconnues. "Cet homme avait l'air d'un déséquilibré", a affirmé le ministre de l'Education.

Il était connu des services de police pour des problèmes familiaux, indique Christophe Crépin, à francetv info"Il n'avait pas accepté son divorce, et a eu de ce fait des problèmes avec la justice. Ces problèmes familiaux peuvent expliquer son geste. C'était une personne désespérée."

Quelles mesures ont été prises sur place ? 

Une cellule psychologique a été mise en place au sein de l'établissement, alors que le personnel, joint par francetv info, a indiqué qu'il se chargeait de la prise en charge des parents. Selon 20 Minutes, l'école est entourée d'une zone de sécurité et seuls les parents peuvent y accéder, pour récupérer leurs enfants.

Le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, s'est rendu sur place. Tout comme Anne Hidalgo, première adjointe au maire socialiste de Paris, et Rachida Dati, maire UMP du 7e arrondissement, qui a rappelé que "l'école n'est pas ouverte en permanence""C'était à l'heure du déjeuner, les enfants qui ont pu voir la scène sont des enfants qui se rendaient chez eux ou à la cantine."

Sur place, le ministre de l’Education a parlé d’un "fait divers pénible et douloureux parce qu’il s’est produit dans une école". Il a assuré que la sécurité de l'établissement n’était pas en cause. "Les services de l’école n’ont aucun reproche à se faire", a-t-il précisé, rappelant qu’aucun enfant n’a été blessé.

Quelles sont les réactions ?

Vincent Peillon a aussi fermement désapprouvé les interviews d'élèves effectuées après ces événements, qu’il qualifie de "première" : "Il n’est pas bon que des enfants deviennent, dans ces moments-là, des objets médiatiques."

François Hollande, lors de sa conférence de presse, a exprimé "l'émotion de toute la nation" après ce drame. "Tout sera fait pour venir en soutien à ces enfants, à ces personnels. Et nos écoles doivent être protégées des violences."

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