Tuerie au musée juif de Bruxelles : où en est l'enquête ?

Une capture vidéo de l\'auteur de la tuerie perpétrée le 24 mai 2014 à Bruxelles, dont le signalement correspond à l\'homme interpellé dimanche 1er juin à Marseille.
Une capture vidéo de l'auteur de la tuerie perpétrée le 24 mai 2014 à Bruxelles, dont le signalement correspond à l'homme interpellé dimanche 1er juin à Marseille. (POLICE FEDERALE BELGE / BELGA / AFP)

Une vidéo revendiquant la tuerie au musée juif de Bruxelles a été retrouvée sur une carte mémoire portée par le suspect lors de son interpellation vendredi à Marseille.

Seulement quarante-huit heures après l'interpellation d'un suspect dans l'affaire de la tuerie au musée juif de Bruxelles, l'enquête avance à grands pas. Dimanche 1er juin, le procureur de Paris, François Molins, a livré à la presse les derniers éléments. La garde à vue du principal suspect, qui se mure dans le silence, a été prolongée de 48 heures, jusqu'au 3 juin à 12h30. Elle peut au total durer 144 heures.

Une vidéo de revendication retrouvée sur le suspect

Le suspect, Mehdi Nemmouche, a été interpellé vendredi à la gare routière de Marseille après un contrôle douanier à sa descente d'un bus en provenance d'Amsterdam. Dans ses effets personnels, un appareil photo a été retrouvé. Son exploitation a permis aux enquêteurs de découvrir "un fichier caché" sur une carte mémoire.

Il s'agit d'un film de 40 secondes dans lequel apparaissent des armes, des inscriptions en arabe et des vêtements. Le suspect n'apparaît pas sur la vidéo mais une voix ressemblant à la sienne commente les images en expliquant que sa caméra n'a pas fonctionné pendant la fusillade.

Le suspect transportait armes et munitions

L'homme avait dans ses bagages un "drap" portant une inscription en arabe au nom de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), groupe jihadiste actif notamment en Syrie.

Mais surtout, une kalachnikov avec crosse rétractable et un revolver calibre 38 spécial ont été retrouvés dans ses effets personnels. Or, il s'agit des mêmes types d'armes que celles utilisées lors de la fusillade au musée juif. Il portait dans ses affaires de nombreuses munitions (57 cartouches pour le revolver, près de 300 pour la kalachnikov).

L'homme était également en possession, entre autres objets, d'une cagoule, d'une paire de gants et d'un masque à gaz.

Un parcours de jihadiste

Le suspect, un Français de 29 ans, a passé "plus d'une année" à compter de fin 2012-début 2013 en Syrie avant de "brouiller les pistes" sur le chemin du retour en Europe, a précisé le procureur.

Incarcéré à cinq reprises, dont la dernière fois pendant cinq ans entre 2007 et 2012, Mehdi Nemmouche "s'était illustré par son prosélytisme extrémiste et l'appel à la prière collective en promenade", a expliqué le procureur. Trois semaines seulement après sa libération, il s'est rendu en Syrie où il a combattu avec des groupes jihadistes comme l'Etat islamique en Irak et au Levant, considéré comme l'une des organisations les plus extrémistes.

Son retour, un an plus tard, a été haché, sans doute pour "brouiller les pistes", selon le procureur. D'Istanbul, il est passé en Malaisie, à Singapour, en Thaïlande, avant de rejoindre Francfort, où les services de renseignement ont perdu sa trace. Il ne serait pas revenu en France avant son arrestation à Marseille, vendredi.

La garde à vue du suspect prolongée

Remis vendredi aux agents de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Mehdi Nemmouche a été placé en garde à vue notamment pour assassinat et tentative d'assassinat en lien avec une entreprise terroriste. Sa garde à vue, qui a commencé vendredi à la mi-journée, a été prolongée jusqu'à mardi, a indiqué le procureur de la République. Elle pourrait atteindre 144 heures, jusqu'à jeudi, si les enquêteurs invoquaient une menace terroriste imminente. Lors des interrogatoires, le suspect se montre "peu bavard", selon le procureur. 

Concernant l'éventuelle remise de cet homme à la Belgique, dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen, les autorités belges comme françaises se montrent prudentes : "Il est encore trop tôt pour répondre à cette question", a indiqué François Molins.

Des perquisitions dans l'entourage de Nemmouche

Deux perquisitions ont eu lieu dimanche à Tourcoing (Nord), aux domiciles de la grand-mère et d'une des tantes de Mehdi Nemmouche, selon une source proche du dossier. Sa tante est actuellement entendue par la police.

Vous êtes à nouveau en ligne