VIDEO. 13h15. Attentats : "Je suis dans un bain de sang depuis vendredi"

Muriel et son mari ont ouvert la porte de leur appartement parisien à une vingtaine de personnes fuyant l’enfer du Bataclan attaqué par les terroristes le vendredi 13 novembre. Pour la minute de silence, ils étaient tous les deux au bord de la mer... Extrait de "13h15 le samedi" du 21 novembre.

Avec son mari, sa mère et ses deux enfants, Muriel a offert l'asile à une vingtaine de rescapés, parfois blessés gravement, en ouvrant la porte de leur appartement parisien (vidéo). Après ce geste de solidarité envers celles et ceux qui fuyaient l’horreur de l’attaque du Bataclan, au soir du vendredi 13 novembre, est venu le temps du contre-coup. Elle est partie quelques jours avec son époux en baie de Somme pour se reconstruire.

"C’est un moment pour se recentrer, se ressaisir aussi. Ce n’est pas une fuite. C’est juste pour se poser, respirer, prendre le temps de réfléchir, et puis après, continuer d’avancer", explique cette Parisienne qui a recueilli ce soir-là des spectateurs du concert des Eagles of Death Metal. Certains étaient en panique absolue, d’autres avaient été touchés par les balles des tueurs, qui ont assassiné 89 personnes dans la salle de spectacle.

"C’est compliqué, c’est compliqué…"

Pendant la minute de silence (vidéo) observée lundi dans tout le pays, Muriel a essayé de ne pas penser à ce qui s’est passé. "En regardant la mer, je me suis dit qu’on avait quand même une belle planète et qu’on était en train de tout gâcher. Et cela m’a évidemment ramenée à ce que je voulais oublier", raconte Muriel. Ces événements terribles ont ravivé chez elle la douleur d’avoir perdu un ami dessinateur lors de l’attaque de Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier : "C’est compliqué, c’est compliqué…"

"Je suis dans l’appartement depuis vendredi, raconte son mari, pourtant loin de son domicile parisien. C’est-à-dire que je suis dans un bain de sang depuis vendredi. Il y a du monde, il y a du sang. On fait ce qu’on fait et on fait ce qu’on peut. Il y a des serviettes et des draps qui ont épongé tout le monde. Oui, je suis dedans depuis vendredi. Je ne suis pas encore en baie de Somme…" Muriel lui assure doucement que "ça va venir".

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