Béatification en vue pour le père Jacques Hamel, assassiné à Saint-Etienne-du-Rouvray en 2016

Lors d\'une cérémonie à la mémoire du père Jacques Hamel, le 17 août 2016 à Rome.
Lors d'une cérémonie à la mémoire du père Jacques Hamel, le 17 août 2016 à Rome. (MARCO ZEPPETELLA / AFP)

L'enquête diocésaine est bouclée et va être transmise au Vatican. La décision du pape ne sera pas connue, au minimum, avant deux ans.

L'enquête diocésaine en vue de la béatification du père Jacques Hamel, égorgé en 2016 par deux jihadistes dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), est achevée et sera remise en avril au Vatican, a annoncé samedi 9 mars l'archevêque de Rouen.

"C'est aujourd'hui l'ultime audience pour la clôture de l'instruction du procès en reconnaissance de martyr du père Jacques Hamel", a déclaré l'archevêque de Rouen Mgr Dominique Lebrun, à l'ouverture d'une cérémonie organisée à Rouen, dans une chapelle de l'archevêché. La cérémonie s'est déroulée en présence des deux sœurs du père Hamel, des témoins de son assassinat, ainsi que du maire de Saint-Etienne-du-Rouvray et de la préfète de région.

Un dossier de 11 500 pages

Le dossier d'enquête, qui compte plus de 11 500 pages, comprend notamment des auditions de témoins, des documents sur la vie du père ainsi que des homélies rédigées de sa main. Lors d'une conférence de presse organisée en amont, Mgr Lebrun a indiqué qu'il porterait lui-même en avril au Vatican les documents consignés dans l'enquête.

Ces documents seront remis à la congrégation pour la cause des Saints, chargée de poursuivre l'instruction. Il reviendra ensuite au pape François, après étude du dossier et à l'issue d'une procédure très codifiée, de reconnaître, ou non, le père Hamel comme "bienheureux". La décision du pape ne sera pas connue, au minimum, avant deux ans, selon l'archevêque.

Jacques Hamel, un prêtre de 85 ans de la banlieue rouennaise très apprécié dans sa paroisse, a été assassiné le 26 juillet 2016 à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray alors qu'il venait de célébrer une messe. Deux jihadistes de 19 ans, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, avaient pris en otage cinq personnes et égorgé le prêtre avant d'être tués par la police. L'assassinat avait été revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Une procédure accélérée par le pape François

"Le père Hamel était un prêtre ordinaire, doté d'une certaine fraîcheur dans la médiation de l'évangile", a indiqué l'archevêque, précisant toutefois que l'ecclésiastique n'avait "pas très bon caractère".

Le procès en béatification du père Jacques Hamel avait été ouvert en avril 2017 après que le pape François, ému par cet assassinat d'un homme prônant la paix et le dialogue inter-religieux, avait exceptionnellement accepté, à l'automne 2016, de raccourcir le délai avant l'ouverture, habituellement fixé à cinq ans après le décès.

Mgr Lebrun, partie civile dans l'information judiciaire ouverte après l'assassinat, a précisé que l'enquête judiciaire en cours présentait "des éléments assez forts" en faveur de la qualification d'une mort "par la haine de la foi chrétienne", l'un des critères retenus pour être béatifié.

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