Qui est Guy S., chef de file présumé du réseau proche de l'ultradroite démantelé ce week-end ?

Voiture de police devant la maison de Guy S. à Tonnay-Charente, le 25 juin 2018.
Voiture de police devant la maison de Guy S. à Tonnay-Charente, le 25 juin 2018. (XAVIER LEOTY / AFP)

Ancien policier et ancien militant au Front national, Guy S., chef de file présumé du réseau proche de l'ultradroite, soupçonné de vouloir attaquer des musulmans, a été interpellé samedi 23 juin en Charente-Maritime. 

Guy S., le chef de file présumé du réseau proche de l'ultradroite démantelé le week-end du 23 et 24 juin est un retraité de la police vivant en Charente-Maritime. Il a été interpellé samedi soir à Tonnay-Charente (Charente-Maritime), a appris franceinfo de sources concordantes. Sa femme fait également partie des dix personnes interpellées ce week-end.

L'opération de police, relativement discrète et rapide - les voisins ont simplement entendu les forces de l'ordre tambouriner sur le portail d'entrée - a eu lieu vers 21h30, pendant le match de foot [Allemagne - Suède, NDLR], ont rapporté des voisins à franceinfo. Des habitants de la commune de Tonnay-Charente qui ont présenté ce couple comme étant des gens "très courtois" et "sans histoire".

Ancien militant au Front national 

Guy S., âgé aujourd'hui de 65 ans, a milité un temps au Front national, rapporte France Bleu La Rochelle. Un engagement qualifié de "très fugace" par les responsables départementaux du parti, devenu récemment "Rassemblement national", qui ont ajouté "se désolidariser de tout projet d'attentat contre des musulmans".

Selon la déléguée départementale du parti "Rassemblement national" en Charente-Maritime, Séverine Werbrouck, le chef présumé du groupuscule baptisé AFO n'a "jamais été adhérent ni même sympathisant" du parti.

Mais selon Corinne Bougault, l'ancienne candidate du FN aux élections départementales dans le canton de Tonnay-Charente, Guy S. a bien milité pour le parti. Pendant cette campagne en 2015, l'ancien policier a collé des affiches et a même surveillé un bureau de vote.

"La passion des armes"

L'ancienne candidate FN assure être "tombée sur les fesses" en apprenant l'arrestation de Guy S, présenté comme le chef présumé d'un groupe dans la mouvance de l'ultradroite. Si l'homme a bien selon elle "la passion des armes", Guy S. est, selon Corinne Bougault un "homme équilibré" qui ne montrait à l'époque "aucun signe de paranoïa".

Selon Corinne Bougault, l'ancien policier s'investissait surtout dans sa nouvelle activité de brocanteur, et collectionnait notamment des armes, installées dans des vitrines bien fermées à clé à l'intérieur de sa maison. Elle ne croit "pas du tout" qu'il puisse être le chef de file d'un réseau d'ultradroite.

Une dizaine de suspects interpellés

Au total, dix suspects ont été interpellés lors de ce vaste coup de filet ce week-end. Agés de 32 à 69 ans, la plupart d’entre eux ne sont pas connus des services de police. Une vingtaine d'armes à feu ont été saisies en marge des interpellations et un laboratoire clandestin permettant de fabriquer des explosifs a été retrouvé au domicile de l'une des dix personnes, a appris franceinfo de source proche de l'enquête.

Le groupe, qui se faisait appelé AFO pour Action des Forces Opérationnelles, est soupçonné d'avoir voulu attaquer des musulmans. Actifs depuis plusieurs mois, ses membres avaient commencé à effectuer des repérages autour de moquées et établi une liste d'imams à cibler.

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