VIDEO. "L’Œil du 20 heures" : comment la France omet de surveiller la vente de produits destinés à fabriquer des explosifs

FRANCE 2

Dès 2013, l'Europe a rédigé un règlement sur la commercialisation et l'utilisation de ce qu'elle appelle des "précurseurs d'explosifs". Mais quatre ans plus tard, il n'est toujours pas appliqué en France.

Contre le risque d'attentat, la France a prolongé l'état d'urgence et renforcé son renseignement. Mais il y a un dossier où elle a des années de retard : le contrôle des produits qui permettent de fabriquer des explosifs. Que ce soit à Bruxelles, en mars 2016, à Paris, en novembre 2015 ou à Londres, en juillet 2005, les terroristes ont utilisé du TATP lors de leurs attentats. Il s'agit d'un explosif artisanal élaboré avec des produits chimiques grand public.

Dès 2013, l'Europe alerte sur ce danger et rédige un règlement sur la commercialisation et l'utilisation de ce qu'elle appelle des "précurseurs d'explosifs". Il prévoit pour les commerçants de répertorier les noms, adresses et utilisations prévues des produits de chaque client intéressé.

"L’Œil du 20 heures" de France 2 a fait le test et tenté d'acheter l'un de ces produits, qui servent à l'entretien ou à la teinture des cheveux. Au moment de payer, en liquide, la vendeuse n'a jamais demandé l'identité de l'acheteur. Pas surprenant : la France, avec la Roumanie et Chypre, est l'un des derniers membres de l'Union européenne à ne pas appliquer le règlement.

Un décret finalement prévu pour le mois de juin

Le ministère de l'Intérieur explique ce retard par le fait qu'il a fallu d'abord changer la loi française pour appliquer le règlement européen. Un décret a ensuite vu le jour, mais il ne concernait que les commerçants en boutique, et pas internet, faute de registre numérique. Le Conseil d'Etat l'a donc retoqué.

Tout se fait sur papier. "Il y a eu visiblement ce petit loupé, c'est bien dommage étant donné le contexte qu'on a eu en 2015, explique à France 2 un responsable de gendarmerie en charge d'enquêter sur les explosifs. Dommage qu'on n'ait pas pris d'arrêté plus tôt, même si effectivement ça ne résoudra pas tous les problèmes." Mais le ministère de l'Intérieur l'assure, le décret qui prend en compte internet est prévu pour le mois de juin.

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