Fusillade à Strasbourg : la nuit mouvementée des députés européens, confinés à l'intérieur du Parlement

Des membres du Parlement Européen, dans la nuit du 11 au 12 décembre 2018.
Des membres du Parlement Européen, dans la nuit du 11 au 12 décembre 2018. (ALEX PIGMAN / AFP)

La séance plénière du Parlement européen a été maintenue jusqu'à minuit mais les députés n'ont pu quitter le bâtiment que plusieurs heures après.

Soirée mouvementée au Parlement européen. Mardi 11 décembre, vers 20 heures, les députés européens sont en session plénière à Strasbourg. A trois kilomètres de là, dans le centre historique, une fusillade débute. Un homme âgé de 29 ans, "fiché S", ouvre le feu sur des passants, faisant au moins trois morts et treize blessés, selon un bilan provisoire de la préfecture du Bas-Rhin à 8 heures mercredi matin. Le Parlement européen déclenche alors la procédure de confinement en urgence et prend des allures de bunker. Les grilles sont baissées.

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Des centaines de personnes sont stoppées à la sortie du bâtiment Louise-Weiss par des agents de sécurité leur demandant de rester à l'abri. "Députés et personnel ont reçu des mails ou SMS les indiquant de rester à l’abri", indique le porte-parole du Parlement, Jaume Duch, un peu avant 22 heures. Au bar de l'institution européenne, des parlementaires, des commissaires européens et des membres du personnel sont rassemblés.

Les débats continuent au Parlement

Malgré la situation exceptionnelle, le président de l'institution européenne, Antonio Tajani, tient à conduire la session plénière jusqu'au bout, dont les débats doivent s'achever à minuit. "Ce Parlement ne se laisse pas intimider par des attaques criminelles ou terroristes. Nous continuons à travailler et réagissons avec la force de la liberté et de la démocratie contre la terreur", écrit-il sur Twitter à 22h40.

Les députés européens continuent donc les débats jusqu'à minuit, tout en suivant l'évolution de la situation et en rassurant leur proche. "Notre délégation devait faire son repas de Noël dans un restaurant du centre. Nous avons d'abord pensé à nos collègues qui étaient déjà en ville. Ils vont bien", écrit Kathleen Van Brempt, élue belge. "Je suis à l'abri, mais mes pensées et mes condoléances vont aux victimes de cette atrocité. Vive la France !" lance, dans un tweet, l'eurodéputé britannique Charles Tannock, également confiné. "Ce n'est pas la panique à l'intérieur mais plutôt l'inquiétude", raconte la députée européenne Marie-Pierre Vieu, à La Dépêche.

Un plan d'évacuation au milieu de la nuit

Une heure et demie après la fin de la session plénière, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, reprend la parole pour donner le premier bilan de la fusillade et des instructions aux élus. "Les députés qui habitent en dehors du centre-ville peuvent prendre un taxi ou une voiture mais à leur 'propre risque', explique-t-il, à 1h30 du matin. Pour les députés qui habitent dans le centre-ville, il faut préparer une liste avec le nom des hôtels. Et quand cela sera possible, il faudra y aller en bus, accompagné par la gendarmerie ou par la police française. On ne peut pas aller seul dans le centre-ville, qui n'est pas encore sûr."

Ces annonces provoquent quelques contestations dans les rangs des députés. Certains dénoncent le fait que les élus soient évacués en priorité par rapport aux équipes du Parlement européen. "Nous ne pouvons pas laisser sortir tout le monde au même moment. Nous n'avons pas assez de policiers", explique le président du Parlement européen.

Le plan d'évacuation du Parlement européen est finalement lancé vers deux heures du matin. A trois heures, après une longue soirée, des employés du Parlement, des hauts fonctionnaires et des parlementaires sont escortés par la police dans des bus et des monospaces vers le centre de la ville. "Bien rentrée et en sécurité", écrit finalement une fonctionnaire européenne, Marian Harkin, à 3h44 du matin. La fin du longue nuit d'inquiétude.

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