Attentat de Strasbourg en 2018 : le syndicat Alliance dénonce une "insulte à la mémoire des morts" après la remise en liberté de deux suspects

Des personnes rendent hommage aux victimes de l\'attentat de Strasbourg (Bas-Rhin), le 11 décembre 2019, un an après l\'attaque qui a fait cinq morts aux abords du marché de Noël.
Des personnes rendent hommage aux victimes de l'attentat de Strasbourg (Bas-Rhin), le 11 décembre 2019, un an après l'attaque qui a fait cinq morts aux abords du marché de Noël. (PATRICK HERTZOG / AFP)

Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir fourni le revolver utilisé par Cherif Chekatt lors de l'attaque qui a fait cinq morts aux abords du marché de Noël de Strasbourg, le 11 décembre 2018. 

Deux des suspects dans l'enquête sur l'attentat islamiste de Strasbourg ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 19 mars, a indiqué le parquet antiterroriste vendredi 27 mars. Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir fourni le revolver utilisé par Cherif Chekatt lors de l'attaque qui a fait cinq morts aux abords du marché de Noël de la ville, le 11 décembre 2018. "Cette décision est une nouvelle preuve des défaillances de la justice et une insulte à la mémoire des morts et des blessés", a dénoncé le syndicat de police Alliance, lundi. L'organisation estime que cette remise en liberté est "irresponsable et scandaleuse" et que c'est une message "négatif envoyé à tous les policiers qui oeuvrent sans relâche dans la lutte contre le terrorisme".

Libérés en raison du coronavirus ?

Le syndicat croit savoir que cette décision est liée aux instructions de la ministre de la Justice de désengorger les prisons, en libérant jusqu'à 5 000 détenus afin de limiter la propagation du coronavirus. "On savait que la justice ne brillait pas par sa politique de fermeté mais là, on touche le fond, juge Alliance. Alors que des instructions de la garde des Sceaux visaient à alléger la surpopulation carcérale pendant la crise sanitaire, personne n'aurait pu imaginer que l'on libère des individus impliqués dans un attentat terroriste."

Selon l'avocat du plus jeune suspect, âgé de 35 ans, ces libérations ont été acceptées car "l'instruction est déjà bien avancée" mais aussi parce que "la question de cette crise sanitaire a été fondamentale". L'état de santé et l'âge (79 ans) du deuxième suspect ont été pris en compte, selon le parquet antiterroriste. Les deux hommes sont mis en examen, depuis février 2019 (date à laquelle ils ont été incarcérés), pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "détention et cession d'arme de catégorie B en réunion et en relation avec une entreprise terroriste". L'enquête vise à déterminer s'ils connaissaient le profil et le projet de Cherif Chekatt.

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