Attentat à Strasbourg : "Plus rien ne sera jamais comme avant mais nous n'acceptons pas de devoir changer de mode de vie"

Après l\'attentat du 11 décembre, le marché de Noël, place Broglie, à Strasbourg a réouvert le 14 décembre 2018.
Après l'attentat du 11 décembre, le marché de Noël, place Broglie, à Strasbourg a réouvert le 14 décembre 2018. (BENJAMIN ILLY / RADIOFRANCE)

L'adjoint au maire de Strasbourg Paul Meyer s'est exprimé sur franceinfo sur la réouverture du marché de Noël, trois jours après l'attentat qui a fait quatre morts et une dizaine de blessés.

"Notre volonté n'était pas de faire fonctionner les tiroirs-caisses mais de permettre ce temps de communion", assure Paul Meyer, adjoint au maire de Strasbourg, alors que le marché de Noël a rouvert. Il s'exprimait au micro de franceinfo vendredi 14 décembre. "Plus rien ne sera jamais comme avant mais nous n'acceptons pas de devoir changer de mode de vie", affirme-t-il. Le marché avait fermé mardi soir à la suite de la fusillade meurtrière provoquée par Cherif Chekatt, tué par la police jeudi soir, après 48 heures de cavale.

franceinfo : Le marché de Noël a rouvert, comme si rien ne s'était passé ?

Paul Meyer : Plus rien ne sera jamais comme avant mais nous n'acceptons pas de devoir changer de mode de vie, la peur ne doit pas gagner. C'est le message de nombreux commerçants. Ils refusent qu'on leur enlève ce marché de Noël. Ce temps de partage, de communion, va bien au-delà de la question commerciale.

Êtes-vous là pour rassurer les Strasbourgeois et les commerçants ?

Notre volonté n'était pas de faire fonctionner les tiroirs-caisses mais de permettre ce partage, ce temps de communion. Que toutes les confessions se rassemblent à Strasbourg pour faire la fête et se réunir au-delà des questions de religion. Avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner nous recevons les commerçants pour trouver les solutions, pour que ceux qui ont souffert ces derniers jours ne soient pas trop impactés. C'est un temps important de faire en sorte que la vie puisse reprendre et qu'à un drame extrêmement fort, ne s'ajoute pas un drame économique avec l’éventuelle faillite d'un certain nombre de petits commerces indépendants.

Beaucoup de gens vont sans doute mettre du temps à revenir, vous l'envisagez ?

Évidemment, mais moi je lance un appel à tous les Français et tous les Européens à revenir au marché de Noël. C'est aussi un geste de soutien en plus d'être un bon moment. Nous n'oublierons jamais mais nous voulons continuer, c'est le devoir que nous avons. Mais je pense que c'est important de savoir rester debout. On le voit aujourd'hui, les rues sont déjà noires de monde, on ne s'attendait pas à ça, c'est un défi au terrorisme et c'est un signe de résistance.

Des questions vont encore se poser sur la sécurisation du marché de Noël, est-il possible de faire mieux ?

Il est toujours possible de tirer des leçons de ce qu'il s'est passé, c'est même indispensable. La réouverture du marché a été faite avec des modifications, des améliorations de la sécurité alors que nous étions un des lieux les mieux protégés d'Europe. On sait que le risque zéro n'existe pas, dire le contraire serait un mensonge. La sécurité que nous proposons sur le marché de Noël de Strasbourg est l'une des plus fiables en Europe.

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