Attentat à Strasbourg : "L'année dernière vous ne pouviez pas accéder à ce périmètre sans être fouillé"

Arnaud Danjean, au Parlement européen, à Bruxelles, le 21 juillet 2009.
Arnaud Danjean, au Parlement européen, à Bruxelles, le 21 juillet 2009. (WIKTOR DABKOWSKI / MAXPPP)

Arnaud Danjean membre de la sous-commission Défense du Parlement européen, relativise sur franceinfo mercredi l'efficacité des mesures de sécurité, aussi rigoureuses soient-elles, face à un individu déterminé, au lendemain de l'attentat qui a frappé Strasbourg.

"Ce qui me choque c'est qu'il a pu accéder avec une arme dans un lieu densément peuplé", affirme Arnaud Danjean membre de la sous-commission Défense du parlement européen. Il s'exprimait sur franceinfo, mercredi 12 décembre, à propos de la fusillade qui a éclaté mardi soir à dans le centre-ville de Strasbourg. "L’année dernière vous ne pouviez pas accéder à ce périmètre sans être fouillé", assure-t-il. L'ancien conseiller régional de Bourgogne était sur les lieux. Il participe aux débats sur un texte de loi qui porte sur terrorisme, au Parlement européen.

franceinfo : Un homme de 29 ans, délinquant, passé par la prison, radicalisé et suivi par les services de renseignement pour prosélytisme, que vous inspire ce profil ?

Arnaud Danjean : C'est un profil on ne peut plus classique, mais la difficulté est toujours la même. On dit suivi par les services de renseignement, mais vous ne pouvez pas suivre activement et minute par minute vingt mille individus dans notre pays, ce n'est pas possible. Donc vous faites des sélections, vous triez par rapport à des degrés de dangerosité et ça, aucune fiche ne vous permet à coup sûr d'être au bon endroit au bon moment.

Quelle est le problème dans le système actuel ?

Vous ne pourrez jamais empêcher à 100% un individu de passer à l'acte. Ce qui pèche aujourd'hui c'est qu'un certain nombre d'individus ont des casiers plus ou moins lourds, des condamnations, on peut s'interroger sur le fait qu'ils ne fassent pas l'objet d'une surveillance plus active. Il y a beaucoup de surveillances qui sont minimales et un peu passives. La deuxième chose qui me frappe c'est qu'il a pu accéder avec une arme, dans un lieu densément peuplé, le marché de Noël est un endroit extrêmement sensible.

Je m'interroge parce qu'il y a des années, l'année dernière notamment, où vous ne pouviez pas accéder à ce périmètre du centre de Strasbourg sans être fouillé, palpé pour les hommes, pour les femmes ouvrir les sacs ou et des choses comme ça. Je ne suis pas certain que ce dispositif ait été aussi rigoureux cette année, la preuve un individu armé a pu y pénétrer. Donc là aussi, on voit le côté un peu relatif des mesures de sécurité.

Dans ce débat au parlement européen sur la lutte antiterroriste vous dîtes :"Il y a une tentative de relativiser la menace mais que l'extrême vigilance doit-être de mise." Pourquoi ?

Oui parce qu'un certain nombre de collègues considèrent que la menace djihadiste est derrière nous, parce que l'Etat Islamique a subi des défaites en Irak et en Syrie, parce que la fréquence des attentats et l'ampleur des attentats est moindre que ce qu'elle a pu être dans le passé. Un certain nombre de gens pensent que la menace est derrière nous qu'elle est en train de s'atténuer. Moi je rappelle que nous avons en face de nous des organisations très puissantes, structurées et qui idéologiquement ont une matrice depuis 30 ans maintenant. Ce n'est pas parce qu'elles ont moins de recrutement en ce moment ou parce qu’elles ont des difficultés financières qu'elles vont abdiquer leur objectif qui est de nous frapper encore et encore. Quand vous avez une base de données avec une vingtaine de milliers de radicalisés vous ne pouvez pas vous permettre de relâcher l'effort.

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