Attentat à Strasbourg : "Il faudra beaucoup de temps pour reprendre Noël tel qu'on le connaît en Alsace"

Bruno Studer, député LREM du Bas-Rhin, à l\'Assemblée nationale, au lendemain de l\'attentat de Strasbourg, le 12 décembre 2018.
Bruno Studer, député LREM du Bas-Rhin, à l'Assemblée nationale, au lendemain de l'attentat de Strasbourg, le 12 décembre 2018. (BERTRAND GUAY / AFP)

Pour le député de la majorité du Bas-Rhin Bruno Studer, "beaucoup de Français ont pris des réflexes d'observation de méfiance".

"La vie va reprendre son cours", a réagi jeudi 13 décembre sur franceinfo Bruno Studer, député La République en marche (LREM) du Bas-Rhin, après la mort de Cherif Chekatt, auteur présumé de l'attentat de Strasbourg, qui a été tué jeudi soir par des policiers. "Il faudra beaucoup de temps pour reprendre le Noël tel qu'on le connaît en Alsace sans toujours avoir cette peur, affirme le député, sinon c'est le terrorisme qui gagne".

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franceinfo : Quel est votre sentiment ce jeudi soir ?

Bruno Studer : On est soulagé de savoir que l'individu n'est plus en état de nuire. C'est beaucoup de reconnaissance pour les forces de l'ordre qui ont sécurisé et enquêté sans relâche depuis 48 heures avec une efficacité que l'événement prouve. C'est beaucoup de gravité, parce que vous avez des personnes qui luttent pour leur vie au moment où je vous parle. Il ne faut pas l'oublier. La vie va reprendre son cours. Je pense que beaucoup de Français ont pris des réflexes d'observation de méfiance. C'est normal, il faudra beaucoup de temps pour reprendre le Noël tel qu'on le connaît en Alsace sans toujours avoir cette peur, sinon c'est le terrorisme qui gagne. Le marché de Noël va rouvrir demain. C'est le signe que la France est plus forte que ceux qui veulent l'abattre.

Il y a une propension à oublier et à se réveiller à chaque fois que ces événements se reproduisent ?

On pense que cela ne peut jamais arriver près de chez soi. On est marqué à jamais quand cela arrive près de son immeuble. La société française est résiliente, elle a une longue histoire, elle a eu des épreuves douloureuses. Strasbourg est le symbole de l'histoire douloureuse de la France et s'est toujours relevée. Maintenant, il va falloir accompagner ces personnes. Dès mardi soir, des cellules d'accompagnement psychologique ont été mises en place. Cet accompagnement va se poursuivre parce que c'est grâce à ce travail des professionnels, personnels de santé psychologique, qui font un travail remarquable, que la vie continue.

Il faut envisager des citoyens lanceurs d'alerte ?

En France, on a besoin d'avoir une vigilance citoyenne. Ce sont des réflexes qui doivent s'acquérir comme les gestes de premiers secours. C'est un des enjeux d'un chantier annoncé par le président de la République, la mise en place du service national universel, où on pourra cultiver ces réflexes qui doivent nous permettre de devenir une société toujours plus résiliente. C'est un des grands objectifs que nous avons à relever dans les prochains temps.

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