Attentat à Strasbourg : en France et en Allemagne, comment s'organise la traque pour retrouver le suspect ?

Des policiers allemands contrôlent des véhicules à Kehl, le 12 décembre 2018, quelques heures après l\'attentat survenu à Strasbourg (Bas-Rhin).
Des policiers allemands contrôlent des véhicules à Kehl, le 12 décembre 2018, quelques heures après l'attentat survenu à Strasbourg (Bas-Rhin). (CHRISTOPH SCHMIDT / DPA / AFP)

Des centaines de membres de forces de l'ordre recherchent Chérif Chekatt, auteur présumé de l'attentat de mardi soir.

Des centaines de personnes mobilisées, des hélicoptères... Après l'attentat à Strasbourg, perpétré mardi 11 décembre au soir, Chérif Chekatt, le Strasbourgeois qui a ouvert le feu en plusieurs endroits du cœur historique de la métropole alsacienne avant de prendre la fuite, est activement recherché.

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La traque se partage entre l'Allemagne et la France. Comment s'organise-t-elle ? Quels sont les moyens mis en place ?

Le plan Vigipirate renforcé

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 décembre que le plan Vigipirate était porté à son niveau maximal après l'attentat à Strasbourg. "Nous sommes actuellement en France en posture vigipirate renforcée, le gouvernement vient de décider de passer en urgence attentat, avec la mise en place de contrôles renforcés aux frontières et des contrôles renforcés sur l'ensemble des marchés de Noël en France, pour éviter le risque de mimétisme", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse donnée à deux heures du matin. Par mesure de sécurité, le marché de Noël de Strasbourg a été fermé mercredi et le restera encore jeudi.

720 personnes engagées dans la traque

Un important dispositif policier a été mis en place pour retrouver Chérif Chekatt, qui a échangé des tirs avec les forces de l'ordre après l'attentat. Le centre-ville de Strasbourg a été confiné jusqu'à 2 heures du matin. "Deux hélicoptères, les brigades et les services du Raid, la BRI et les soldats de Sentinelle sont sur le terrain", a indiqué le ministre de l'Intérieur dans la nuit de mardi à mercredi. De nouveaux effectifs sont venus renforcer ce dispositif dans la journée. "Aujourd'hui, il y a 720 personnes qui sont mobilisées sur Strasbourg, 100 personnes relevant de la police judiciaire, qui sont totalement mobilisées pour que très vite nous puissions intercepter cet individu", a précisé Christophe Castaner dans l'après-midi, face à l'Assemblée nationale.

"Un bouclage périmétrique autour de la ville de Strasbourg", a par ailleurs été mis en place, comme l'a déclaré le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez, interrogé par France Inter dans la matinée. Il y a "deux actions en cours, une action de voie publique des forces de l'ordre et puis les investigations judiciaires menées par le parquet de Paris".

Le parquet antiterroriste a en effet ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle". Le procureur Rémy Heitz a indiqué mercredi que "plusieurs perquisitions ont été réalisées [durant la] nuit dans des lieux que [le suspect] est susceptible de fréquenter". "Quatre proches" de Chérif Chekatt (des membres de sa famille) ont en outre "été placés en garde à vue cette nuit". "L'enquête va désormais se poursuivre pour localiser [le suspect], retracer son itinéraire et identifier d'éventuels coauteurs", a conclu le magistrat.

D'importants contrôles à la frontière

Il ne "peut être exclu" que l'individu soit passé en Allemagne, selon Laurent Nuñez. Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur a affirmé que "le bouclage des frontières [était] assuré". Les voitures quittant la France pour l'Allemagne sont en effet fouillées. "Dans le Bade-Wurtemberg, en Sarre et en Rhénanie-Palatinat, de plus en plus de véhicules sont contrôlés", rapporte le Spiegel (lien en allemand).

Jonas Grosse, porte-parole de la police fédérale du Bade-Wurtemberg, précise aux Dernières Nouvelles d'Alsace que "chaque véhicule" est ouvert "pour empêcher au maximum une fuite de l'auteur [présumé] de la fusillade vers l'Allemagne". Ces inspections continueront "jusqu'à ce que la situation soit plus claire". "Nous dépendons de nos collègues français", a indiqué la police allemande, citée par le Frankfurter Allgemeine (lien en allemand).

Ces mesures ont créé de nombreux embouteillages autour de la frontière, comme le rapporte la police fédérale du Bade-Wurtemberg sur Twitter : "En raison des contrôles intensifs réalisés sur les routes et les axes ferroviaires, il y a des retards pour traverser la frontière franco-allemande. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée."

Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer, cité par le Spiegel, a salué le travail des forces de sécurité : "Du côté français, elles ont très bien réagi, mais aussi du côté allemand", a-t-il déclaré.

Un appel à témoin diffusé

"Aidez-nous." Mercredi en fin de journée, la police nationale a diffusé un appel à témoinpour retrouver Chérif (ou Cherif) Chekatt. Le document décrit un homme mesurant 1,80 m, de corpulence normale, aux cheveux courts et à la peau mate "avec une marque sur le front". En cas d'information, la police invite à appeler le 197.

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