Fausse alerte attentat à Paris : l'application SAIP a-t-elle encore eu un raté ?

L\'application pour smartphone SAIP en démonstration le 8 juin 2016 à Paris.
L'application pour smartphone SAIP en démonstration le 8 juin 2016 à Paris. (PETER KNEFFEL / DPA)

L'application lancée par le gouvernement pour alerter la population en cas d'attentat a envoyé un message à ses utilisateurs samedi, mais l'opération de police a permis de déterminer qu'il n'y avait aucune menace.

Un appel à la police avertissant d'une possible prise d'otages dans une église du centre de la capitale a conduit au lancement d'une vaste opération de police en plein Paris, samedi 17 septembre, et à l'envoi par les autorités d'une "alerte attentat". Après l'intervention de la BRI et les vérifications menées par les policiers, l'information s'est révélée fausse, le danger inexistant et le message d'alerte infondé. L'application pour smartphones SAIP (Système d'alerte et d'information aux populations) lancée par le gouvernement et censée alerter la population en cas d'attentat a-t-elle failli ? Franceinfo fait le point sur cette polémique naissante.

Trois messages d'alerte successifs

Il est 16h14, samedi, lorsque l'application gouvernementale SAIP envoie une "alerte attentat" sur les smartphones de ses utilisateurs.  Elle met en garde contre un danger dans le 1er arrondissement de Paris. Cela concerne une "église", écrit-elle. Le message donne deux conseils à ses destinataires : "Abritez-vous" et "Ne vous exposez pas".

Quelques minutes plus tard, l'"alerte attentat" est réactualisée. Le lieu de la menace est précisée : il s'agit de l'église Saint-Leu au 92, rue Saint-Denis. Cette fois, le texte précise qu'une "intervention" est "en cours", "suite à un attentat"

L'application met à jour une nouvelle fois son message pour annoncer la "fin de l'intervention". La vaste opération de police menée un peu plus tôt a permis d'éliminer tout doute. Il n'y avait en réalité "aucun danger", il s'agissait d'une "fausse alerte"

Le spectre du raté de l'attentat de Nice lors du 14-Juillet

De nombreux internautes ont reproché à l'application SAIP de s'être emballée, envoyant un message d'alerte anxiogène alors que la menace d'attentat n'était finalement pas avérée. Certains se sont également étonnés d'avoir reçus l'alerte, alors qu'ils n'étaient pas géolocalisés dans la zone désignée comme à risque.

Beaucoup ont rappelé que lors de l'attentat de Nice qui a coûté la vie à 86 personnes le soir du 14-Juillet sur la promenade des Anglais, l'application avait envoyé son alerte avec trois heures de retard. Le terroriste avait foncé sur la foule au volant de son camion vers 22h30. L'application, elle, n'avait alerté ses utilisateurs qu'à 1h34. Un retard dû à des incidents techniques.

D'autres ont cependant fait valoir qu'au moment où l'"alerte attentat" a été envoyée, les autorités ne pouvaient pas savoir que la menace était inexistante et ont défendu ce principe de précaution.

Le gouvernement défend "une prise maximale de précaution"...

Dans un communiqué publié samedi en fin d'après-midi, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a expliqué que si "le système d'alerte aux populations 'SAIP' a été immédiatement déclenché", c'était "par précaution" dans un contexte de menace terroriste permanente et d'attentats en série depuis 2015.

"Il est nécessaire de donner un certain nombre d'informations. C'est un besoin pour une prise maximale de précaution", a également justifié le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet, lors d'un point presse organisé près de la zone d'intervention, samedi en début de soirée. Si l'alerte a été déclenchée très rapidement c'était pour conseiller à la population de ne pas s'exposer, justifie Pierre-Henry Brandet.

... mais reconnaît que l'application doit être "améliorée"

L'application SAIP doit encore être "améliorée", a reconnu samedi le porte-parole de la place Beauvau au micro de franceinfo. "L'application est appelée à évoluer", a-t-il insisté. Ses messages doivent être "affinés". Et Pierre-Henry Brandet de conclure : "On va continuer à y travailler." 

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