VIDEO. Gérald Darmanin va proposer la dissolution de BarakaCity mercredi et sous 15 jours du CCIF, "une officine islamiste"

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

Le ministre de l'Intérieur entend s'en prendre à toute organisation finançant le terrorisme.

"Demain, je proposerai la dissolution de BarakaCity", a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur France Inter mardi 27 octobre. "Et dans les jours qui viennent, d'ici sans doute 15 jours, je proposerai la dissolution du CCIF [Collectif contre l’islamophobie en France] au président de la République et au Conseil des ministres", a-t-il ajouté en qualifiant le CCIF "d'officine islamiste"

Les motivations pour la dissolution du CCIF sont "nombreuses" pour Gérald Darmanin. "Voilà des gens qui prennent la parole systématiquement pour soutenir ceux qui appellent au jihad. C'est le cas du soutien à l'association Ana Muslim", a-t-il développé. "Lorsqu'on gèle des avoirs de ceux qui envoient des personnes promouvant le jihad et que le CCIF dit, je cite, 'si leurs avoirs sont gelés, soyons de ceux qui compensent ces pertes' ", ça s'appelle une officine".

Quand quelqu'un veut mettre de l'argent à disposition de ceux dont la République prouve qu'ils ont un lien avec le jihad, ça s'appelle une officine islamiste. Ça n'a rien à faire sur le sol de la République.

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur

à franceinfo

"Il est trop tard pour avancer masqué", a estimé l'homme fort de la Place Beauvau sur son combat contre "l'islamisme radical".

"Il y a un ennemi de l'intérieur qu'il faut combattre"

"Le fondamentalisme ou la radicalisation est trop présente, désormais. Les officines islamistes sont trop nombreuses. Les financements étrangers sont trop importants. Et puis, on voit bien les actes meurtriers. Combien d'attentats faudra-t-il encore pour que certains se réveillent et voient qu'il y a manifestement un ennemi de l'intérieur qu'il faut combattre ?", s'interroge le ministre.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a dit mardi matin sur franceinfo qu'il ne souhaitait pas que les caricatures de Mahomet soient montrées à nouveau dans les écoles, évoquant "un devoir de fraternité et de la responsabilité". "J'entends que les gens soient choqués par des caricatures, qu'ils ne souhaitent pas qu'elles soient publiées. Je peux être choqué par des caricatures. Mais je n'interdis pas les gens de le faire. C'est toute la différence. En France, on n'assassine pas, on ne menace pas parce que quelqu'un fait des choses qui ne vous plaisent pas", a répondu Gérald Darmanin. 

Le champ d'intervention des préfets élargi par la loi

Le ministre de l'Intérieur a souligné "l'acte très fort" des imams de la Grande mosquée de Paris vendredi qui ont lu un poème "pour la République et pour la France", pendant la grande prière. "Parce qu'il faut bien comprendre que ce que nous combattons, ce n'est pas la religion musulmane, qui a toute sa place dans la République. C'est bien l'idéologie fondamentaliste". Gérald Darmanin a tenu à distinguer les "fondamentalistes" des "musulmans". "Il y a évidemment un combat contre une idéologie islamiste, il ne faut rien lâcher. Et il y a des musulmans, qu'ils soient Français ou étrangers, qui respectent parfaitement les lois de la République et qui ont montré dans l'histoire qu'ils étaient extrêmement courageux".

Enfin, le premier flic de France est revenu sur la loi sur le séparatisme. "Entre la normalité et la radicalisation, nous avons aujourd'hui peu d'armes juridiques et administratives pour lutter dans ce que le président a appelé le séparatisme, l'islamisme politique, l'islamisme radical, le suprémacisme", estime Gérald Darmanin. Le ministre a pris l'exemple d'un élu qui prendrait "des dispositions que l'on pourrait qualifier de communautariste ou séparatiste, comme des horaires réservés aux femmes pour des raisons religieuses dans des piscines", la loi permettra au préfet d'intervenir et de réformer cette décision.

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