VIDEO. Encadrement des réseaux sociaux : "C'est fou qu'une telle violence puisse se déverser sans qu'il se passe rien", déplore Sarah El Haïry

FRANCEINFO

Les responsables des plateformes en France seront reçus mardi au ministère de l'Intérieur. 

"C'est quand même fou qu'une telle violence puisse se déverser sans qu'il se passe rien", a déploré lundi 19 octobre sur franceinfo Sarah El Haïry, secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de l'Engagement au sujet des réseaux sociaux après l'attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty, un enseignant tué vendredi près de son collège. Le ministère de l'Intérieur et la plateforme Pharos [plateforme de signalement des contenus et comportements illicites sur internet] ont identifié depuis 80 messages qui soutiennent l’action de l’agresseur, a annoncé dimanche l'Élysée à l'issue du Conseil de défense

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Avec les réseaux sociaux, "on peut en faire le meilleur comme on peut en faire le pire", a estimé Sarah El Hairy. Pour évoquer le meilleur, la secrétaire d'État a pris l'exemple de "Z Event", le rendez-vous caritatif annuel des plus grandes stars du jeu vidéo en France, qui a récolté ce week-end plus de 5,7 millions d'euros en faveur d'Amnesty International. "Ça c'est le meilleur. Le pire nous l'avons vécu ce week-end, et nous continuons à le vivre. Et il faudra lutter sur l'anonymat et le signalement, avec les plateformes", a développé la secrétaire d'Etat à la jeunesse.

Les responsables des plateformes reçus au ministère

Les responsabilités de ces plateformes dans la société "sont plus grandes qu'un simple outil qui permet de se mettre en connexion."
Il y a quelques mois le Conseil constitutionnel censurait la loi Avia, qui proposait de lutter contre la haine en ligne. On a appris ce lundi que quelques propositions seraient réactivées. "Je l'ai votée, la loi Avia, avec le sentiment d'un outil dont nous avons besoin", a reconnu Sarah El Haïry.

Les responsables des plateformes en France sont convoqués mardi au ministère de l'intérieur. "Ils ont un rôle plus important à jouer. Ils peuvent faire beaucoup mieux et beaucoup plus." La secrétaire d'État envisage de sévir sur le plan financier pour pousser les plateformes à modérer. "Il faut un certain nombre de clics et de signalements pour qu'un contenu soit supprimé. Ce sont des algorithmes qui disent si c'est raciste, haineux, homophobe, antisémite. Il faut une part d'humanité supplémentaire et il faut que ces signalements déclenchent plus rapidement des suppressions voire des alertes, quand un profil a été signalé plusieurs fois", a martelé Sarah El Haïry.

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