Assassinat de Samuel Paty : les enseignants s'interrogent sur leur liberté d'expression

Dans de nombreuses villes de France, plusieurs milliers de personnes se sont réunies dimanche 18 octobre pour rendre hommage à Samuel Paty. L'émotion est particulièrement vive pour les enseignants, qui s'inquiètent d'une forme d'autocensure.

Judith Do Marcolino est professeure d'Anglais. L'enseignante a manifesté dimanche 18 octobre, pour rendre hommage à Samuel Paty. Depuis l'attentat de Charlie Hebdo, elle ressent une forme d'autocensure chez les enseignants. "Peut-être qu'on aurait à réfléchir collectivement à la façon d'aborder les choses [...] On a quand même quelques frilosités", explique-t-elle. Mais aborder les thèmes sensibles en classe prend du temps. "Moi je pars du principe qu'un gamin qui rentre en classe avec une question, il faut qu'il sorte avec une réponse", résume Laurence, une professeure de Français.

"Un temps d'échange entre nous"

Marie-Caroline Missir dirige le réseau Canopé, un organisme chargé d'accompagner les enseignants dans leurs projets pédagogiques. "Dans les établissements, les incidents liés aux atteintes à la laïcité dans son ensemble restent modestes mais il ne faut pas les minimiser [...] Nous avons besoin d'un temps d'échange entre nous, et je crois que dans le contexte que nous traversons, ce sera peut-être notre première recommandation", estime-t-elle.

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