Australie : trois questions sur les projets d'attentats déjoués par les policiers

Les suspects projetaient de frapper dans des lieux emblématiques de Melbourne comme ici la cathédrale Saint-Paul.
Les suspects projetaient de frapper dans des lieux emblématiques de Melbourne comme ici la cathédrale Saint-Paul. (WILLIAM WEST / AFP)

Les suspects voulaient frapper l'Australie, engagée dans la coalition internationale en Irak et en Syrie, le jour de Noël.

Quatre jours après l'attentat au camion-bélier sur un marché de Noël à Berlin qui a fait 12 morts, la police australienne annonce, vendredi 23 décembre, avoir déjoué plusieurs attaques jihadistes prévues pour le jour de Noël, dans le centre de Melbourne. Une opération qui a mené à l'arrestation de sept personnes "inspirées par la propagande de l'Etat islamique", explique le chef de la police de l'Etat de Victoria. Franceinfo fait le point sur ce coup de filet en trois questions.

Qui sont les suspects ?

Sur les sept personnes interpellées vendredi matin, six sont des hommes. Elles ont été arrêtées à Melbourne, dans la nuit de jeudi à vendredi. Les suspects sont âgés d'une vingtaine d'années et étaient surveillés depuis plusieurs semaines, d'après les autorités. L'un d'eux est un Australien d'origine égyptienne, les six autres sont nés en Australie de parents libanais.

Deux d'entre eux, dont la femme, ont été relâchés. Les autres ont été incarcérés et devraient être présentés dans la journée à un juge. Selon les premiers éléments de l'enquête, ils auraient suivi un processus de radicalisation sur le sol australien. "Nous considérons qu'ils se sont certainement autoradicalisés, mais ont été inspirés par l'Etat islamique et sa propagande de l'EI", a expliqué le chef de la police de l'Etat de Victoria, Graham Ashton.

Que projetaient-ils ?

Selon la police australienne, les personnes interpellées projetaient d'attaquer, à l'aide d'explosifs, d'armes à feu et de couteaux, des lieux emblématiques de Melbourne comme la gare, la place de la Fédération et la cathédrale Saint-Paul. Les cibles de ces attaques étaient toutes situées dans le centre-ville, non loin du terrain de cricket où environ 100 000 personnes sont attendues pour le match Australie-Pakistan le 26 décembre. La police australienne redoutait également que les suspects frappent Sydney, la deuxième ville du pays.

"Nous pensons qu'il y avait l'intention de mener ce que nous appelons une attaque à modes multiples, probablement le jour de Noël. L'attaque (...) devait comprendre l'utilisation d'explosifs, et nous avons des preuves", a indiqué le chef de la police de l'Etat de Victoria.

"Si nous n'avions pas déjoué cette attaque, elle aurait été très grave, cela ne fait aucun doute", a-t-il poursuivi. Selon lui, cette attaque aurait pu faire "un grand nombre de morts et de blessés""Il s'agit d'un des plus importants complots terroristes que nous ayons déjoués ces dernières années", a estimé le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull

Pourquoi l'Australie est-elle visée par le terrorisme islamique ?

Engagée depuis septembre 2014 dans la coalition internationale contre l'Etat islamique, l'Australie apporte un soutien logistique aux opérations menées contre les jihadistes et prend part aux frappes aériennes en Irak et en Syrie. Au titre de cette action militaire, l'Australie est devenue une cible de l'Etat islamique. Une stratégie revendiquée dans la revue anglophone du groupe terroriste, Dabiq, appelant à frapper les nations occidentales engagées dans la coalition.

Face à la menace terroriste, l'Australie a relevé depuis son niveau d'alerte et durci sa législation antiterroriste. Fin 2014, un homme avait pris en otage les clients d'un café à Sydney, faisant trois morts, dont le forcené. En octobre 2015, un policier avait été également abattu par un adolescent de 15 ans.

Non revendiqués par l'Etat islamique, ces actes ont néanmoins été qualifiés de terroristes par les autorités australiennes. Au cours des deux dernières années, 12 tentatives d'attentats ont été déjouées sur le sol australien, selon les autorités.