Yassin Salhi, suspecté d'avoir décapité son patron en Isère, s'est suicidé en prison

Yassin Salhi est escorté par la police à la sortie de son immeuble, le 28 juin 2015, à Saint-Priest (métropole de Lyon).
Yassin Salhi est escorté par la police à la sortie de son immeuble, le 28 juin 2015, à Saint-Priest (métropole de Lyon). (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Selon une source proche de l'enquête, il s'est penduaux barreaux de sa cellule avec un câble électrique, mardi soir, à Fleury-Mérogis.

Il était suspecté d'avoir décapité son patron et attaqué un site gazier, en juin, en Isère. Yassin Salhi s'est suicidé, mardi 22 décembre, dans sa cellule de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). Selon une source proche de l'enquête, le détenu, qui n'avait pas été repéré comme suicidaire, s'est pendu avec un câble électrique aux barreaux de sa cellule du quartier d'isolement. Il est décédé à 21h15.

Ce chauffeur-livreur de 35 ans avait été placé en détention provisoire, à la fin juin, après avoir été mis en examen. Il était notamment poursuivi pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, enlèvement et séquestration en vue de préparer un assassinat, destruction ou dégradation et violences volontaires.

Motivations jihadistes ou différend professionnel ?

A l'inverse de Mohamed Merah, des frères Kouachi, d'Amedy Coulibaly ou des jihadistes qui ont frappé Paris en novembre, Yassin Salhi a toujours contesté en garde à vue toute motivation islamiste, invoquant un différend professionnel avec son patron, Hervé Cornara, qu'il a avoué avoir tué. Ce qui n'était pas l'avis de la justice.

Selon le récit des enquêteurs, Yassin Salhi avait quitté, le 26 juin, au matin, l'appartement qu'il occupait avec son épouse et ses trois enfants à Saint-Priest (Rhône). Il s'était rendu au siège de son entreprise, Colicom, à Chassieu, au sud-est de Lyon. Il avait sur lui un couteau et un fusil à pompe factice.

Au siège de Colicom, il avait chargé son utilitaire de bouteilles de gaz en vue d'une livraison, puis attendu Hervé Cornara, avec lequel il avait eu une vive altercation deux jours plus tôt pour une palette renversée.

Des drapeaux frappés de la profession de foi musulmane

Il avait fait monter son patron dans son véhicule puis l'avait assommé, avant de l'étrangler. Il s'était ensuite dirigé vers l'usine de gaz industriels Air Products, à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Une fois sur place, il avait décapité sa victime avec son couteau. Il avait ensuite pénétré sur le site, où on lui avait ouvert la porte sans formalité, car il était connu du personnel pour ses livraisons.

Selon les enquêteurs, il aurait alors sorti la tête de Hervé Cornora pour la fixer sur un grillage, parachevant sa mise en scène macabre en accrochant à proximité deux drapeaux frappés de la "chahada", la profession de foi musulmane.

Une explosion causée par des bouteilles de gaz

Après avoir pris des photos, il les avait envoyées à un ami parti combattre en Syrie, dont un selfie où il avait posé auprès de la victime. Puis il avait repris son utilitaire et était entré en collision avec des bouteilles de gaz, provoquant une explosion. Il avait été maîtrisé par des pompiers arrivés rapidement sur place alors qu'il criait "Allah akbar".

L'attentat "correspond très exactement aux mots d'ordre de Daech", avait alors estimé le procureur de Paris, François Molins, notamment par la volonté de Yassin Salhi de "donner à son acte une publicité maximale".

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