Attentat en Isère : qui est le destinataire français du selfie macabre envoyé par Salhi ?

Yassin Salhi, la tête recouverte d\'un drap, est escorté par deux policiers à Saint-Priest (Rhône), le 28 juin 2015.
Yassin Salhi, la tête recouverte d'un drap, est escorté par deux policiers à Saint-Priest (Rhône), le 28 juin 2015. (EMMANUEL FOUDROT / REUTERS)

Le message avait été envoyé sur un numéro canadien, mais le vrai destinataire a été identifié. Il s'agit d'un Français originaire de Franche-Comté, comme Yassin Salhi.

"C'est comme si j'avais enfanté d'un monstre". C'est la confidence choc de la mère de Yunes-Sébastien, le jihadiste français à qui l'auteur présumé de l'attentat en Isère, Yassin Salhi, a envoyé, vendredi 26 juin, son selfie macabre. Sur Europe 1, mercredi 1er juillet, elle a révélé que son fils, actuellement en Syrie, lui avait avoué être l'"une des causes" de l'attentat en Isère

Qui est-il ? Quels sont ses liens avec Yassin Salhi ? Voici les éléments dont on dispose, mercredi 1er juillet

Un jeune technicien en logistique originaire de Besançon

Yunes-Sébastien V.-Z. est âgé de 30 ans, soit cinq de moins que Yassin Salhi. Né à Lure (Haute-Saône), ce technicien en logistique est diplômé de l'IUT de Besançon (Doubs). Il s'est converti à l'islam au milieu des années 2000, adoptant le prénom musulman de Yunes, qu'il a fait inscrire sur sa carte d'identité, selon L'Est républicain, qui publie une reproduction de ce document.

Il a également pris comme nom d'usage le nom de jeune fille de sa mère, d'origine maghrébine. Cette dernière est décrite comme "occidentalisée" par une source proche du dossier. Les parents sont séparés, mais vivent tous deux en Franche-Comté. Marié avec une femme originaire de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) qui porte le niqab (voile intégral masquant le visage), Yunes-Sébastien V.-Z. est père d'une fille de 2 ans. A Besançon, leurs voisins les décrivent comme des gens "tranquilles" et "polis", selon le journal.

Un père de famille parti "repeupler l'Etat islamique"

Le destinataire du selfie sur lequel Yassin Salhi pose avec la tête de son employeur est parti en Syrie en novembre 2014. Il n'avait pas été repéré par les services de renseignement avant son départ. Le père de Yunes-Sébastien a prévenu la police en décembre de sa disparition un mois plus tôt, et c'est à cette occasion que les services de renseignement se sont intéressés à lui.

Après son départ pour la Syrie avec sa compagne et leur petite fille, le jeune converti a raconté par e-mail à des proches être parti "pour repeupler l'Etat islamique, non pour combattre", selon L'Est républicain. Mais il a en fait été enrôlé dans une unité combattante, dans le secteur de Raqqa (Syrie).

Les conditions de leur rencontre encore floues

Yassin Salhi et Yunes-Sébastien V.-Z. ont quitté tous deux la capitale franc-comtoise à quelques semaines d'intervalle, Salhi étant parti s'installer dans la banlieue lyonnaise. On ignore toujours comment ils se sont rencontrés. Le quotidien régional rappelle que Yunes-Sébastien s'est converti pendant ses années d'études supérieures, à Besançon, au cours des années 2000. "Est-ce à cette période qu’il a croisé la route de Yassin Salhi, dont on sait aujourd’hui qu’il côtoyait à cette époque certains groupes salafistes bisontins ? On l’ignore."

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