Terrorisme : la médaille honorant les victimes va être étendue aux attentats survenus depuis 1974

Le Premier ministre Edouard Philippe lors d\'une cérémonie de remise de la \"médaille de reconnaissance aux victimes du terrorisme\" à des victimes des attentats du 13-Novembre, le 13 novembre 2018 à Paris.
Le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une cérémonie de remise de la "médaille de reconnaissance aux victimes du terrorisme" à des victimes des attentats du 13-Novembre, le 13 novembre 2018 à Paris. (MAXPPP)

Cette distinction avait été créée en 2016, dans la foulée des attentats de janvier et novembre 2015, et concernait jusque-là les victimes depuis 2006.

La "médaille de reconnaissance aux victimes du terrorisme", créée après l'émotion des attentats de janvier 2015 et ceux du 13-Novembre, va désormais pouvoir rendre hommage à toutes les victimes d'attentats depuis 1974, a annoncé la chancellerie de la Légion d'honneur, dimanche 10 mars.

Dans un décret paru au Journal officiel, elle explique que cette distinction "s'applique aux actes terroristes survenus depuis le 1er janvier 1974", effaçant ainsi la date de 2006 initialement choisie lors sa création.

Tous les attentats depuis celui du Drugstore Saint-Germain

La date butoir de 1974 permet de remonter jusqu'à l'attentat du Drugstore Saint-Germain à Paris, en septembre 1974, lors duquel Carlos avait tué deux personnes à l'aide d'une grenade. Il s'agit du "premier attentat meurtrier commis en France après les guerres d'indépendance", a expliqué Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), pour expliquer ce choix.

L'extension de la période concernée par cette récompense permet aussi d'envisager de décorer les victimes de la vague d'attentats perpétrés à Paris dans les années 1980, rue des Rosiers, rue de Copernic ou encore rue de Rennes. Tout comme celles des attentats commis par le GIA (Groupe islamique armé) en 1995 dans le RER B et à Villeurbanne.

Une distinction contestée à sa création

Cette médaille concerne les victimes tuées mais aussi blessés physiquement ou psychologiquement par un attentat. Elle doit être demandée par la victime ou, si elle est décédée, par sa famille. Pour prétendre à cette distinction, il faut être reconnu comme victime du terrorisme, soit par le parquet de Paris, soit par le fonds de garantie des victimes, ou figurer sur la liste partagée des victimes du terrorisme tenue par la ministère de la Justice. 

Sa création en 2016, soutenue par l'AFVT, avait suscité une polémique : d'autres associations de victimes s'étaient interrogées sur son utilité et les anciens combattants avaient exprimé leur colère, non sur le principe, mais sur le rang donné à cette distinction, qui "arrive juste après l'Ordre national du mérite et devant les Croix de guerre".

"C'est une bonne nouvelle, nous avons été entendus", s'est réjoui Guillaume Denoix de Saint Marc dimanche. "Les victimes anciennes des attentats des années 70 et 80 n'avaient eu aucune forme de reconnaissance ou de soutien avant la création des cellules médico-psychologiques en 1986."

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