Foot : des bleus à l'âme, l'équipe de France disputera malgré tout le match contre l'Angleterre

Les Bleus, dont Lassana Diarra au premier plan, s\'entraînent au stade de Wembley, en Angleterre, le 16 novembre 2015. 
Les Bleus, dont Lassana Diarra au premier plan, s'entraînent au stade de Wembley, en Angleterre, le 16 novembre 2015.  (BEN QUEENBOROUGH / AFP)

La décision a été prise de maintenir la rencontre à Wembley mardi soir quatre jours après les attentats qui ont endeuillé Paris. 

Ils seront debout, prêts à défendre leurs couleurs. Quatre jours après les attentats meurtriers perpétrés au Stade de France et à Paris, les Bleus vont bel et bien disputer le match amical contre l'Angleterre, mardi 17 novembre, à Wembley. Vendredi soir, le chef de presse de l'équipe de France de foot, Philippe Tournon, avait expliqué, après France-Allemagne, que la rencontre prévue à Londres (Royaume-Uni) pourrait ne pas avoir lieu. Décision a finalement été prise, samedi, de maintenir le rendez-vous. 

"Après discussions avec la Fédération anglaise, qui a assuré qu'il n'y avait pas de risque particulier empêchant la tenue du match, le maintien a été décidé", avait alors expliqué un porte-parole de la Fédération française de football. Dans Le Parisien, Noël Le Graët, le président de la FFF, a expliqué avoir pris seul la décision, après avoir obtenu le feu vert de l'Elysée : "Les joueurs n’ont rien à voir dans le fait de jouer le match. C’est moi et moi seul qui ai pris la décision de jouer. J’en ai informé Didier Deschamps aux alentours de midi et il l’a ensuite dit aux joueurs." 

"C'est irrespectueux et honteux de disputer cette partie"

Si les joueurs n'ont mot dit, acquiesçant en silence, selon L'Equipe, certains, en privé, ont fait savoir au Parisien qu'ils n'avaient pas la tête au football et pas envie de prendre part à cette rencontre amicale. "C'est irrespectueux et honteux de disputer cette partie", ont même déclaré au quotidien certains membres de la délégation bleue. 

Deux joueurs ont été plus intimement touchés par le drame. La sœur d'Antoine Griezmann était au Bataclan et a réussi à s'échapper, comme il l'a annoncé sur Twitter dans la nuit de vendredi à samedi. 

La cousine de Lassana Diarra, en revanche, a perdu la vie lors des attaques menées au cœur de la capitale. Le joueur a partagé un message sur le réseau social samedi en fin d'après-midi.

"Lass Diarra est touché dans sa chair par rapport à une personne qui lui est très proche. Il a tenu à rester parmi nous, il tient à ses valeurs d'unité et de solidarité. Sa présence parmi nous est rassurante", a déclaré le sélectionneur Didier Deschamps lors d'une conférence de presse lundi. Et le coach d'ajouter : "J'ai eu à discuter avec lui et les joueurs aussi. Le message qu'il a communiqué est très fort et remarquable." Le milieu de terrain devrait toutefois s'installer sur le banc, selon L'Equipe.

"Ce match n'aura pas qu'une dimension sportive"

"Nous sommes là pour représenter notre pays, nos couleurs bleu, blanc, rouge, a martelé Didier Deschamps. Ce match n'aura pas qu'une dimension sportive. Nous serons là pour représenter notre pays, pour dire que nous sommes fiers d'être français."

Je suis convaincu que le match sera plein d'émotion.Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France

Pour l'ancien champion du monde, "le sport est une représentation de l'union et de la diversité". "Pour reprendre les paroles de Lassana Diarra, le sport n'a pas de couleur et de religion. On a eu deux jours pour chercher à évacuer cette immense tristesse, poursuit-il. Aujourd'hui, notre énergie doit se focaliser sur ce match avec le plus de dignité et de sobriété possibles."

Une opinion partagée par le capitaine de l'équipe de France, Hugo Lloris. "Le président de la Fédération a pris la bonne décision de maintenir le match. Dans ce genre d'événements, on a envie d'être avec les siens mais tout est allé très vite. On reste humains. On avait quelques doutes : jouer, pas jouer, rentrer voir nos familles... Tout ça a très bien été géré par le coach, le staff et le président. 'La Marseillaise' sera un moment très fort, surtout si elle est reprise par les Anglais", a-t-il aussi expliqué en conférence de presse.

Ce qui compte demain soir, c'est la nation française.Hugo Lloris, capitaine des Bleus

Mardi soir, les deux équipes porteront des brassards noirs. Comme l'indique L'Equipe, les supporters anglais présents dans la tribune Est réaliseront un immense tifo représentant le drapeau tricolore, dont les couleurs illuminent déjà depuis plusieurs jours le stade de Wembley. Les paroles de La Marseillaise seront par ailleurs affichées sur les écrans géants afin que tout le stade puisse l’entonner ensemble. Une minute de silence sera ensuite observée avant le coup d'envoi.

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