Procès des attentats du 13-Novembre : revivez la première journée d'audience, marquée par les interventions de Salah Abdeslam

Le banc des accusés au premier jour du procès des attentats du 13-Novembre, devant la cour d\'assises spéciale de Paris, le 8 septembre 2021.
Le banc des accusés au premier jour du procès des attentats du 13-Novembre, devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 8 septembre 2021. (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCEINFO)

Six ans après les attaques du Stade de France, des terrasses parisiennes et du Bataclan, qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés, la justice plonge dans l'horreur de ces crimes de masse à partir de mercredi et pour près de neuf mois.

Les parties civiles craignaient qu'il reste silencieux, il s'est montré bavard. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique", a déclaré Salah Abdeslam dans ses premiers mots, lors de l'ouverture du procès des attentats du 13-Novembre à Paris, mercredi 8 septembre. L'audience a été suspendue une trentaine de minutes, aux alentours de 17 heures, à la suite du malaise de l'un des accusés, Farid Kharkhach. Lors de la reprise, Salah Abdeslam est intervenu pour se plaindre des conditions de détention des accusés. "On est des hommes, on est des êtres humains, on a des droits ! On est traités comme des chiens", a-t-il lancé. Les débats sont désormais clos et reprendront jeudi. Revivez-les en remontant notre direct.

 Un procès hors norme. "Nous commençons ce jour un procès qualifié d'historique, hors norme", a déclaré le président de la cour d'assises spéciale, Jean-Louis Périès, dans un propos liminaire. Il est "historique certainement car les faits par leur intensité dramatique font partie des événements historiques nationaux et internationaux de ce siècle", a-t-il ajouté. Les attentats du 13 novembre 2015 ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), et profondément traumatisé tout un pays.

Deux ans de préparation. Ce procès titanesque a nécessité deux ans de préparation et la construction d'une salle d'audience ad hoc au cœur du palais de justice historique de la capitale, sur l'île de la Cité. Tenir un procès de cette ampleur jusqu'à son terme – prévu à ce stade le 25 mai 2022 – constitue un défi inédit pour l'institution judiciaire, particulièrement en temps de pandémie de Covid-19 et de menace terroriste toujours élevée.

Cinq semaines d'audition pour les victimes. Seule une partie (environ 300) des proches de victimes et rescapés des attaques témoignera à la barre. Les parties civiles raconteront pendant cinq semaines, de fin septembre à fin octobre, cette nuit d'épouvante et ses séquelles, des drames personnels mêlés à un effroi collectif. "On espère montrer au grand public ce que signifie être victime du terrorisme", a témoigné auprès de franceinfo Arthur Dénouveaux, rescapé de l'attentat du Bataclan et président de l'association Life for Paris.

Quatorze accusés présents à l'audience. Parmi les 20 accusés, seuls 14 seront présents, dont 11 détenus et trois laissés libres. Les six autres seront jugés par défaut, dont cinq sont présumés morts en zone irako-syrienne. En l'absence du donneur d'ordre, le vétéran du jihad Oussama Atar, et d'autres hauts gradés de l'EI dont les frères Fabien et Jean-Michel Clain, tous les regards seront tournés vers Salah Abdeslam, la seule personne suspectée de faire partie des commandos encore vivante, et Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles. Parleront-ils ? C'est l'une des questions clés du procès. Douze des 20 accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

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