Mort du jihadiste français Fabien Clain : une bonne et une mauvaise nouvelle car "on ne pourra pas l'interroger"

Devant le Bataclan à Paris, lors d\'un hommage le 13 novembre 2018.
Devant le Bataclan à Paris, lors d'un hommage le 13 novembre 2018. (STEFAN ROUSSEAU / MAXPPP)

À l'annonce de la mort de Fabien Clain, qui avait revendiqué au nom du groupe État islamique les attaques du 13-Novembre, le président de l'association 13onze15 Fraternité Vérité qui réunit des proches et victimes de l'attentat du Bataclan, a réagi sur franceinfo.

Philippe Duperron, président de l'association 13onze15 Fraternité Vérité, association de proches et de victimes de l'attentat du Bataclan, a indiqué sur franceinfo jeudi 21 février que la mort de Fabien Clain est "une bonne nouvelle car il est mis hors d'état de nuire. Mais on ne pourra pas l'interroger et donc savoir quelle a été sa contribution exacte aux attentats du 13-Novembre".

Fabien Clain était la voix du message sonore du groupe État islamique, diffusé au lendemain des attaques de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015, et perpétrées par trois commandos d'hommes revenus de Syrie. Le jihadiste français a été tué en Syrie, mercredi 20 février, dans l'après-midi, par une frappe de la coalition internationale et son frère, Jean-Michel, est gravement blessé, révèle franceinfo ce jeudi. 

franceinfo : Quelle est votre réaction à la mort de Fabien Clain ?

Philippe Duperron : Bien que tout semble confirmer cette mort de Fabien Clain, il faut encore attendre des tests qui pourront avec certitude prouver que c'est bien lui dont il s'agit. Cela étant dit, c'est une bonne nouvelle car Fabien Clain est mis hors d'état de nuire. C'est peut-être aussi une mauvaise nouvelle en ce sens que l'on ne saura jamais, car on ne pourra pas l'interroger, il n'aura pas été pris par la justice, et donc on ne pourra jamais l'interroger et donc savoir justement qu'elle a été exactement sa contribution dans les attentats du 13-Novembre. Toutefois, on pourra peut-être faire parler son ordinateur ou son téléphone.

Regrettez-vous que l’on n’ait pas pu le retrouver pour le juger en France ?

Tout à fait. C'est le positionnement de notre association que celui de vouloir obtenir la comparution en justice de ceux qui ont pu contribuer, de près ou de loin, aux attentats du 13-Novembre. Nous voulons que ces personnes soient condamnées en bonne et due forme.

On a entendu la voix de Fabien Clain dans un message de revendication des attentats du 13-Novembre. Occupait-il un rôle central dans ces attentats ?

Cela reste une interrogation. Je pense que les frères Clain ont joué un rôle, mais, selon les autorités judiciaires elles-mêmes, on n'est pas certain que leur rôle ait été central. Fabien Clain a été la voix des attentats, il les a revendiqués après qu'ils se sont produits. Mais je crois qu'il reste une incertitude quant au rôle que les deux frères ont pu jouer dans la préparation et dans la réalisation de ces attentats. Mais la seule revendication et l'engagement de Fabien Clain auprès de Daesh suffisent à démontrer qu'il a eu un rôle imminent.

Que vous inspire le parcours de radicalisation des frères Clain ?

Ce n'est pas un parcours particulièrement original. La seule originalité, me concernant, c'est que Fabien Clain a vécu à Alençon (Orne) dans sa jeunesse. Je vis personnellement à Alençon. Et il est à peu près certain que Fabien Clain a croisé l'un de mes enfants, celui qui est décédé au Bataclan, dans le collège où il a fait une partie de ses études.

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