Mort de Fabien Clain : "Il nous apprenait à lire et à écrire. Il ne nous a jamais parlé de jihad"

Photo non datée du jihadiste français Fabien Clain.
Photo non datée du jihadiste français Fabien Clain. ((AFP))

Fabien Clain, djihadiste français lié à la revendication des attentats du 13-Novembre 2015, tué mercredi en Syrie, avait passé une partie de sa jeunesse à Alençon dans l'Orne, avec son frère Jean-Michel. Le souvenir qu'il laisse de lui n'est pas celui d'un jihadiste.

Dans le petit café qu'il fréquentait, non loin de la mosquée, on se souvient d'un homme corpulent à la grande barbe et à la voix douce. Pas un mot plus haut que l'autre. Fabien Clain, tué mercredi en Syrie où les derniers combattants du "califat" sont acculés dans une poche de résistance dans l'est du pays, est décrit par ceux qui l'ont cotoyé à Alençon (Orne), où il a passé une partie de sa jeunesse, comme quelqu'un de très sociable, éloquent et charismatique. Un quadragénaire qui avait suivi les cours de Fabien Clain à la mosquée se souvient : "C'était sain. Il expliquait l'islam, il apprenait à écrire et à lire, rien de plus. Il racontait les histoires du prophète. Il nous parlait de partir en Égypte pour faire des cours plus approfondis mais il ne nous a jamais parlé de jihad ou quoi que ce soit", assure-t-il.

"J'aime le cousin que j'ai connu, pas celui qu'il est devenu"

Comme ses camarades, cet ancien élève de la voix qui avait revendiqué en français les attentats du 13-Novembre, dit avoir cessé de suivre ses cours lorsque ses liens avec Mohammed Merah sont apparus dans la presse. Du côté de la famille des frères Clain, beaucoup ne veulent plus en entendre parler. "De la vermine ! Ce n'est pas une grande perte", lâche un membre de la famille. "J'aime le cousin que j'ai connu, pas celui qu'il est devenu", confie un autre. 

Le reportage de Jérôme Jadot
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